A 70 ans, Blaise Compaoré n'est plus au mieux de sa forme

@Informateur.info- Le décès de l’ex-directeur de cabinet de Blaise Compaoré à Abidjan, hier mardi 1er juin, a donné lieu à une levée de boucliers contre le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

De fait, le petit monde qui a accompagné le transfert du corps de la clinique à Ivosep Treichville cachait mal sa colère de voir mourir en exil Assimi Koanda. ” C’est le premier mort parmi les exilés d’octobre 2014 dont le corps va certainement être transféré au Burkina sous la présidence de Roch Kaboré”, fait remarquer un ancien ministre du gouvernement Tertius Zongo présent à Ivosep. Et d’enchaîner :”C’est certainement ce qu’il souhaite pour le président Compaoré. C’est inhumain”, lâche-t-il, dépité.

En effet, la causette qui se faisait sur le corps encore chaud de l’ex- Secrétaire exécutif du CDP questionne la morale de l’histoire. Et pour la circonstance, Roch Marc Christian est présenté comme “l’ingrat” qui n’aurait pas de cœur. La complainte de ces proches de Blaise Compaoré n’en est pas moins anodine. Elle pourrait être prémonitoire si l’on n’y prend garde. Puisque le président Blaise Compaoré n’est plus au mieux de sa forme. Tous ceux qui l’ont régulièrement rencontré à sa résidence abidjanaise, ces derniers mois, soutiennent que son état de santé (mentale) se détériore au jour le jour. Qu’adviendra t-il si le pire survenait? Ce serait, sans doute, le premier chef d’État burkinabè qui meurt en exil. Ce qui serait également du plus mauvais effet pour le pays des Hommes Intègres.

A(re)lire Côte d’Ivoire : De quoi souffre Blaise Compaoré?

S’il est vrai que Blaise Compaoré a perdu le pouvoir dans des conditions similaires (Insurrection populaire) à celles de Maurice Yaméogo, le sort du dernier cité  semble pour l’heure, de loin, meilleur au premier. Puisque c’est Blaise Compaoré qui a réhabilité Maurice Yaméogo avant le décès de ce dernier en 1993. Roch Marc Christian Kaboré en fera t-il autant pour son ancien patron? Pas si sûr.

C’est que plus d’une fois sous son premier mandat, le président Kaboré s’était dit ouvert au retour de son prédécesseur. Durant même sa dernière campagne présidentielle, il a abordé le sujet lors d’un meeting à Ziniaré chez Blaise Compaoré. “Tous ceux qui sont à l’extérieur peuvent revenir au pays. Ceux qui n’ont pas de problèmes en justice n’ont rien à craindre. Quant au président Blaise Compaoré qui a gouverné le pays pendant 27 ans, il ne peut revenir comme les autres. Il faut qu’on prépare les choses pour que tout soit clair pour tout le monde avant qu’il ne revienne dans son pays”, avait-il martelé d’une voix audible.

A(re) lire Retour de Blaise Compoaré: Hamed Savadogo prépare un grand coup avec des Chefs d’Etat

Seulement le discours est teinté d’ambiguïté puisque la question de la responsabilité pénale de l’ancien chef de l’État est toujours rappelée avec une certaine insistance. La preuve, il sera finalement inculpé dans le dossier de l’assassinat de Thomas Sankara le13 avril 2021. La justice militaire attend donc de pied ferme celui qui a dirigé le Burkina durant 27 ans et lui a assuré une stabilité incontestable.

Certes, Blaise Compaoré doit rendre des comptes. Cependant, une chose est de faciliter son retour en sa qualité d’ancien chef d’Etat, comme l’a promis Roch Marc Christian Kaboré et l’autre chose est de le juger. Facilitons donc ce retour au bercail et ensuite on parlera du contentieux judiciaire. Le contraire serait mettre la charrue avant les bœufs.

Jean François FALL