@Informateur.info- Alors que les violences qui ont émaillé l’avant, pendant et l’après présidentielle du 31 octobre dernier ont fait officiellement 85 morts et près de 500 blessés, la Côte d’Ivoire célèbre, ce dimanche 15 novembre 2020, la journée de la paix. 24é du genre, cette tradition est de plus en plus célébrée dans des contextes où les autorités (d’hier comme d’aujourd’hui) peinent à endiguer les violences meurtrières ; où la politique mal arrimée à la démocratie tend à banaliser la mort.

On est légitiment fondé de s’interroger avec la députée de Cocody, Yasmina Ouegnin qui écrit sur sa page facebook : «Mais de quelle paix parlons-nous ? Celle que nous nous contentons de prononcer du bout des lèvres? Ou Celle longtemps prônée par le Sage de la Nation (Ndlr Felix Houphouët Boigny), dont nous sommes tous supposés être des artisans?».

Et Yasmina Ouégnin n’est pas la seule à relever cette incongruité. André Silver Konan qui ne rate aucune occasion d’interpeller les dirigeants sur les responsabilités vis-à-vis du peuple, rappelle dans un post sur sa page facebook que : «Dix ans après, ma position n’a pas changé. Arrêtons la théâtralisation des grands mots et posons des actes de paix. On ne peut pas continuer à choisir dans la constitution, le code pénal, les textes de droit, etc., ce qu’on veut respecter et choisir ce qu’on applique aux autres, davantage pour leur faire mal et espérer qu’ainsi, on consolidera la paix. Jusqu’à quand allons-nous continuer à faire ça et parler hypocritement de paix?»

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Théâtralisation des grands mots ! Oui André Silver Konan l’a dit. Il faut en finir avec et poser des actes de paix. C’est en cela qu’il convient de rappeler qu’en 2011 lors de son premier mandat, Alassane Ouattara avait donné un signal fort de sa volonté de réconcilier les Ivoiriens. Sans doute avait-il la pleine conscience d’avoir accédé au Graal après 17ans de traversée du désert et une crise postélectorale sans précèdent qui s’est soldée par 3.256 morts. Sinon pourquoi s’est-il empressé de mettre en place la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR). C’était une nécessité. Mais 9 ans après, cette profession de foi sonne faux.

En deux mandats présidentiels bien consommés, qu’a-t-il fait des recommandations de la CDVR ; puisque cette commission avait, entre autres, comme mission de faire en sorte que la Côte d’Ivoire ne revive plus les affres des violences qu’elle a connues les années précédentes? Mais à quoi avons-nous assisté ces deux derniers mois en Côte d’Ivoire avec le projet et la matérialisation du 3é mandat d’Alassane Ouattara? La question qui tombe sous le sens ici est : que voulons-nous pour la Côte d’Ivoire?

Jean François FALL