@Informateur.info- Les résultats provisoires des législatives du 6 mars 2021 sont connues, depuis mardi, la razzia du Rhdp, le parti au pouvoir qui a conforté sa majorité à l’Assemblée nationale en remportant 137 sièges sur les 254 en compétition. Cependant ce tsunami électoral a un arrière goût amer pour le parti présidentiel dont huit membres de son gouvernement ont mordu la poussière, principalement dans le “V Baoulé” (4). Que réserve le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, président du Rhdp, à ses ministres “losers”?

Sur les huit perdants, cinq sont des transfuges du Pdci-Rda, issus du grand “V baoulé”, une zone, traditionnellement, favorable à ce parti. Autant dire qu’ils ont payé le prix de la “trahison” de leurs parents, à en croire l’imagerie populaire. Malgré les moyens colossaux dégagés, le verdict des urnes a été impitoyable pour ces “judas”, comme les militants du vieux parti les appellent.

Ainsi, Mme Goudou Raymonde Coffie, ministre de la Culture et de la Francophonie, dans la circonscription d’Angoda, Toumodi, Djékanou, Kpouèbo et Kokumbo (Bélier), MM. Kouassi Jean-Claude, ministre des mines et de la Géologie, dans la circonscription de Djékanou (Gbèkè), Kouassi Kouamé Brice, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, dans la circonscription de Boli, Didiévi, Molonou-Blé, Tié-N’Diékro et Raviart (Bélier), Koffi N’Guessan dit Lataille, secrétaire d’État auprès du ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme chargé du Logement social, dans la circonscription de Bengassou, Bocanda, Kouadioblekro et N’Zécrézessou (N’Zi) ne siégeront pas pour la prochaine législature à l’hémicycle. Avec eux, il faut ajouter, en ce qui concerne les transfuges du parti d’Henri Konan Bédié, Fofana Siandou, ministre du Tourisme et des Loisirs, dans la circonscription de Port-Bouet.

Puis, viennent les caciques de l’ex-Rdr, Koné Kafana Gilbert, ministre auprès du chef de l’État chargé des relations avec les Institutions de la République, dans la circonscription de Yopougon, Sidi Tiémoko Touré, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, dans la circonscription de Ando-Kekrénou, Béoumi et Kondrobo (région du Gbèkè) et Dosso Moussa, ministre des Ressources animales et halieutiques, dans la circonscription de Mankono (Béré).

Le “G8” perdant du gouvernement a, désormais, le dos au mur pour la suite de sa carrière gouvernementale. En 2016, à l’issue des législatives, les ministres Affoussiata Bamba-Lamine (Communication) et Rémi Allah-Kouadio (Environnement) avaient été virés du gouvernement après avoir échoué, respectivement, à Cocody et à Toumodi. Le groupe des 8 connaîtra-t-il le même sort? De l’avis de nombreux observateurs, cette éventualité n’est pas à exclure. Surtout qu’à sa brillante victoire à la présidentielle d’octobre, Alassane Ouattara a, expressément, selon son entourage, remis le remaniement ministériel après les législatives qui viennent de se tenir. Histoire de voir un peu plus clair dans la nouvelle configuration de la future Assemblée nationale. Ce qui laisse peu de chances aux membres du “G8” de se voir reconduire.

Charlène ADJOVI