Les membres du Comité d’orientation et de coordination de GPS

@Informateur.info- Kanigui Soro, président du rassemblement de Côte d’Ivoire (Raci) en rupture de ban aujourd’hui avec son ex-mentor, Guillaume Soro, a eu certainement raison très tôt. Lui qui jugeait contreproductive la multitude de partis politiques se réclamant de l’ex-président de l’Assemblée nationale. «Ça fait un peu désordre», a-t-il commenté en octobre 2020 après sa sortie de prison.

De fait depuis ce samedi 16 janvier 2021, tous les partis et mouvements politiques se réclamant de Guillaume Soro sont appelés à fusionner au sein Générations et Peuples Solidaires (GPS). Ainsi en a décidé le Comité d’orientation et de coordination du parti de Guillaume Soro qui a pris conscience que «le foisonnement de partis politiques et mouvements, à bien des égards, peut conduire à un désordre et à une dispersion de nos forces et de nos énergies, mais aussi servir la cause d’agendas cachés».

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Ce n’est pas tôt, pourrait-on dire, mais mieux vaut tard que jamais. Du moment que le Comité d’orientation et de coordination (COC) réalise que GPS est une jeune formation en construction pour les futures conquêtes du pouvoir d’Etat. «Le Comité d’Orientation et de Coordination demande au président de GPS de considérer avec intérêt la nécessaire fusion de tous les partis et mouvements se réclamant de lui et cela librement et volontairement dans l’optique d’une grande et puissante organisation démocratique pour conduire la destinée de notre nation», mentionne la résolution prise samedi par le COC.

Subséquemment, GPS ne peut pas se présenter aux législatives de mars prochain. Puisqu’il doit entamer sa restructuration et poursuivre son implantation pour renforcer son électoral national. Ce qui aurait dû être fait depuis un an, voire deux ans. Le contraire serait courir le risque d’une déconfiture plus retentissante que lors des municipales de 2017 où des pro-Soro avaient brassé du vent en raison de l’impréparation.

Aussi, si l’appel à la fusion des partis politique venait à être entériné par le président Guillaume Soro, cela se fera sans le RACI que revendique Soro Kanigui et l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Alphonse Soro qui ont claqué la porte de la galaxie Soro pour rejoindre le RHDP.

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Mais déjà de l’avis de certains observateurs, cette fusion réclamée pourrait aussi créer d’autres frustrations quand on sait que la plupart des premiers responsables des partis appelés à fusionner sont en prison sans jugements depuis décembre 2019. Il s’agit notamment du Mouvement pour la promotion des nouvelles valeurs en Côte d’Ivoire (MVCI), incarné par Alain Lobognon et Félicien Sékongo, et de l’Union des Soroïstes (UDS) dirigé par Marc Ouattara.

Est-il bienséant de vouloir fusionner ces partis au sein de GPS alors que ses responsables sont encore en prison? Comment gérer la question des préséances dans ce projet de fusion absorption sans créer d’autres frustrations? Voici le défi que pose cette résolution et auquel il faudra anticiper au risque de voir la saignée se poursuivre en faveur d’autres formations politiques.

Jean François FALL