Emile Kima, leader d'opinion burkinabè en Côte d'Ivoire

@Informateur.info- Ex- Président du Comité de soutien aux Accords politiques de Ouagadougou (APO), Emile Kima, aujourd’hui Conseiller technique au ministère délégué auprès du ministre des affaires Etrangères et de l’Intégration africaine, évoque dans cet entretien accordé à Informateur.info, ses rapports avec Gbagbo Laurent, la galaxie patriotique, mais surtout ses projets en faveur de la paix et la réconciliation. Entretien.

  • Que dévient Emile Kima après ces années de silence?

Je me porte bien et je continue de vaquer à mes occupations. Je remercie le bon Dieu pour cette grâce.

  • La dernière fois que les médias ont braqué leurs projeteurs sur vous, vous étiez au cœur de problèmes judiciaires d’abord en Côte d’Ivoire, puis au Burkina Faso. Comment avez-vous surmonté cette situation?

Effectivement j’ai dû faire face à quelques problèmes judiciaires en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso mais je tiens à préciser que je n’ai jamais été jugé ni condamné dans ces affaires. La vie est faite ainsi, elle nous réserve parfois des situations difficiles. Je peux vous assurer que mon casier judiciaire demeure vierge à ce jour et je rends grâce à Dieu.

  • Votre nom était beaucoup cité au sein de la galaxie patriotique sous Laurent Gbagbo dont vous étiez un soutien inconditionnel la décennie dernière en Côte d’Ivoire. Onze ans après cette parenthèse, Emile Kima, assume -t-il aujourd’hui son rôle et sa posture devant l’histoire?

Merci de me poser cette question. En effet, j’avais de très bons amis au sein de la galaxie patriotique. Ce sont des amis de longue date, avec qui j’ai entretenu de bons rapports. Mais je n’ai jamais été membre de la galaxie patriotique. Il y’a eu une situation de conflit en Côte d’Ivoire et lorsque les Accords Politiques de Ouaga ont été initiés, j’ai trouvé juste de m’engager pour soutenir ces accords en ma qualité de leader de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. C’est ainsi que le président Laurent Gbagbo a apprécié mon travail sur le terrain et m’a adopté. Le président Blaise Compaoré en a fait de même en me soutenant dans le cadre du Comité de soutien aux Accords Politique de Ouagadougou pour la paix en Côte d’Ivoire que j’avais créé. J’assume donc le rôle que j’ai joué dans cette parenthèse de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.

  • Vous aviez à maintes reprises déclaré avoir soutenu le régime Gbagbo pour protéger vos compatriotes en Côte d’Ivoire dont le sort durant ces années de braises, on l’aura vu, n’était pas facile. Cet argument n’est pas, cependant, partagé par certains d’entre eux qui estiment que vous les aviez plutôt exposés. Réaction?

La guerre est une situation regrettable. La Côte d’Ivoire gardera longtemps le regret d’être arrivée à cette crise. Tous ceux qui ont vécu la crise post-électorale de 2010 en Côte d’Ivoire gardent des séquelles. Pour ma part, je comprends ceux qui pensent que je les ai exposés. Je leur demande pardon mais j’insiste pour dire que mon engagement visait à épargner aux Burkinabè le pire. Je n’ai pas voulu que les Burkinabè soient assimilés à des opposants au régime de Laurent Gbagbo.

  • On se souvient en effet de la rencontre entre la communauté burkinabè avec Laurent Gbagbo le 28 octobre 2007 à Abidjan. Vous étiez l’initiateur de cette cérémonie au cours de laquelle vous aviez expressément demandé à l’ex-président de supprimer la carte  de séjour…

Merci de le rappeler. Certes, les Accords de Marcoussis et bien d’autres avaient exigé que la carte de séjour soit supprimée. Mais dans les faits j’ai joué un rôle majeur. Ma proximité avec Laurent Gbagbo m’a permis de lui demander expressément cela et le président a accédé à notre requête. C’est l’une des preuves que j’ai travaillé à protéger les Burkinabè, voire les ressortissants de la Cedeao qui étaient tous concernés par cette carte.

  • Quel est l’état de vos rapports aujourd’hui avec la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire d’une part et d’autre part avec le régime d’Abidjan et de Ouagadougou?
Emile Kima en compagnie du ministre Alpha Barry

En tant que leader d’opinion de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire, je peux affirmer que je n’ai aucun problème avec mes compatriotes burkinabè, ni avec mes amis et frères de la Côte d’Ivoire, mon pays d’adoption. Mes relations avec le gouvernement sont aussi excellentes. A preuve, je viens d’être nommé Conseiller Technique du Ministre Délégué auprès du Ministre des affaires Etrangères et de l’Intégration africaine et de la Diaspora en charge de l’Intégration africaine J’ai également de bons rapports avec les autorités burkinabè.

  • Vous avez été reçu en audience par le ministre des Affaires étrangères burkinabè, Alpha Barry, début mai à Abidjan. Dans quel cadre s’est inscrite cette rencontre?

En effet, j’ai eu l’honneur d’être reçu par le ministre Alpha Barry, lors de son récent séjour de travail avec son homologue ivoirien, Mme Kandia Kamara. Avec le ministre Barry, nous avons parlé de réconciliation et d’intégration africaine. Le ministre m’a félicité pour ma nomination en qualité de Conseiller Technique du ministre Alcide Djédjé, ministre délégué auprès du ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration africaine et de la Diaspora en charge de l’Intégration africaine. J’ai, par ailleurs, informé le ministre Barry de l’organisation d’un grand meeting de l’Intégration et de la Réconciliation que nous organisons bientôt à Bouaflé. Il m’a rassuré de son soutien pour la réussite de ce meeting, car pour lui qui connait bien la Côte d’Ivoire, Bouaflé est un modèle exemplaire d’intégration des burkinabè en république de Côte d’Ivoire.

  • On note aujourd’hui une embellie des relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire notamment à travers le Traité de l’Amitié et de coopération Ivoiro-Burkinabè (TAC). Emile Kima a-t-il aujourd’hui des projets visant à renforcer de ces relations?

Je continuerai de soutenir toutes actions de consolidation des bonnes relations entre ces deux pays qui nous sont chers. C’est dans ce sens que je reprends mon bâton de pèlerin pour sensibiliser mes frères du Burkina en Côte d’Ivoire de s’inscrire résolument dans cet élan de réconciliation. La tenue prochaine du meeting à Bouaflé participe de ces projets.

  • Avez-vous un message à lancer?

Je voudrais avant tout vous remercier de m’avoir accordé cette interview sur Informateur. Info qui demeure le plus important site d’information de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. J’apprécie énormément le travail que vous abattez pour informer vos lecteurs sur l’actualité de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. Cela dit mon premier message va à l’endroit de nos autorités diplomatiques et consulaires. Notre communauté revient de loin, malgré toutes les difficultés qu’elle a vécues, elle s’est organisée comme elle le pouvait. Cette communauté a besoin d’être considérée. Il est très donc important qu’une vraie communication mutuelle s’établisse entre nos diplomates et nous. Enfin, à mes compatriotes d’ici et du Burkina je voudrais les exhorter à la tolérance et à s’inscrire dans la réconciliation. C’est seulement en étant unis et réconciliés que nous nous garantirons des lendemains meilleurs.

Charlène ADJOVI