@Informateur.info- Porté sur les fonts baptismaux en décembre 2018 après plusieurs années de gestation due à de sérieuses divergences, sous l’ex-représentant de la chambre du Commerce et de l’industrie du Burkina en Côte d’Ivoire, Tou Seydou, le Conseil des opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire (COEBCI) bat déjà de l’aile.

De fait, connue pour ses divisions et son manque d’organisation devenu atavique, la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire souffrait surtout de l’absence d’une structure ‘’inclusive’’ au niveau de ses opérateurs économiques qui comptent pourtant parmi les plus réputés de la place.
C’est pourquoi, la naissance du COEBCI a suscité un vrai engouement. D’autant plus qu’il compte en son sein des personnalités de premier plan du secteur de l’économie burkinabè aussi respectables et respectés. On peut citer, entre autres, les célèbres stylistes Pathé‘O, et St Jo, Issaka Sawadogo de la Stib, Madi Ouédraogo de Sérafin, Mariam Kanazoé etc. Savoir ce beau monde qui fait bouger l’économie burkinabè et ivoirienne dans une même structure suscite forcement admiration et espoir.

  • Un bureau incomplet depuis 9 mois

Et comme de juste, a été porté à la tête du Conseil, l’un de ses fondateurs, celui qui semblait en être l’inspirateur principal, Ouédraogo Moussa. A charge pour lui d’organiser, dans les meilleurs délais, une Assemblée générale ordinaire (AGO) dont la mission principale serait la mise en place officielle et régulière des organes statutaires de la nouvelle structure.
Mais 9 mois plus tard, rien n’a été fait. Et le provisoire a revêtu les apparences du définitif. Pourtant, le COEBCI a été actif ces derniers mois et a bougé sur le terrain. En effet, si l’on peut saluer les actions déjà réalisées par le COEBCI, à savoir entre autres, les visites internes à ses membres, le séminaire avec le ministre du commerce burkinabè à Abidjan, et la participation au TAC 2019 assortie de l’audience en juillet dernier avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, l’on ne peut s’empêcher, en revanche, d’ y voir une certaine précipitation. Ce qui semble expliquer aujourd’hui la chape de plomb. En vérité, le COEBCI a navigué à vue, sans aucune feuille de route, au gré des circonstances.

A preuve l’élément fondateur de ce Conseil c’est bien de «Réunir les chefs d’entreprises et de sociétés burkinabè exerçant leurs activités essentiellement en Côte d’Ivoire dans un cadre de concertation, de solidarité, de partage et de défense de leurs intérêts». Ce rappel est nécessaire si l’on oppose ce principe à la configuration actuelle du bureau fort de huit membres. En neuf mois le COEBCI a été incapable de pourvoir les 17 postes de son bureau. Au grand dam des ‘’légalistes’’. Pas plus qu’il n’a entamé les tournées visant à le rendre plus représentatif à l’intérieur du pays. Du coup, beaucoup d’opérateurs économiques de l’intérieur ont le sentiment que c’est une affaire des gens de la capitale économique ivoirienne.

  • Des suspicions sur la gestion

Qu’est-ce qui coince? Et à quel niveau? Ou alors, Ouédraogo Moussa qui assure non pas l’intérim, mais la transition, aurait-il pris goût à la chose, au point où il rechignerait à voir les choses fonctionner correctement? Parce qu’il ne faut pas se voiler la face. L’actuel bureau fonctionne dans l’informel, même s’il peut se targuer d’une légitimité certaine. Puisqu’aucune base légale ne justifie sa ‘’longévité’’. Tant il est vrai que le ‘’provisoire’’ n’a pas vocation à être ‘’définitif’’ et à jouir des prérogatives ou droits attachés à ce statut. Il y a donc quelque chose qui cloche.

Quand on y ajoute le fait qu’aucune feuille de route n’est disponible pour que les différents membres sachent où on les mène, on a le parfait tableau clinique d’une association qui navigue à vue, sans gouvernail.

Aussi, depuis quelques semaines des informations (sur lesquelles Informateur.info enquête) et qui mettent au jour un don «non concerté» de quelques millions FCFA dans le cadre d’une activité sportive parrainée à Abidjan par le ministre du commerce et de l’industrie burkinabè, Harouna Kaboré, suscitent quelques grincements de dents.

L’origine du don dont nous avons eu la confirmation n’aurait pas encore été expliquée à l’ensemble des membres. Cet argent provient-il des caisses du Coebci ou d’un généreux membre? En l’absence du president de la structure en voyage, nous n’avons pas eu de réponses. Mais nous y reviendrons!

Jean François FALL

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