Daouda Diallo, 2 ans après sa prise de fonction, les choses ne semblent pas tenir la promesse des fleurs

Informateur.info- Inaction, absence de vision prospective, en somme démission. Telle est la posture du Consulat Général du Burkina Faso à Abidjan vis-à-vis des millions de Burkinabè sous sa juridiction. L’attitude est d’autant frustrant qu’au nombre de ses attributions, sa raison d’être, figure en bonne place la coordination des activités des délégués consulaires et des structures associatives de la diaspora. Ça veut dire que ces messieurs qui occupent les bureaux feutrés au Plateau en face du Conseil Economique et Social (CES) qu’ils soient en veste ou en Faso Danfani, sont tenus de gérer les associations de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. Mais que veut dire coordonner ? Coordonner signifie, selon le dictionnaire français Larousse : «Ordonner des éléments séparés, combiner des actions, des activités distinctes en vue de constituer un ensemble cohérent ou d’atteindre un résultat déterminé». Ici la notion de la cohérence nous semble capitale. Puisque c’est le manque de cohérence due à l’inaction et à la démission du Consulat Général d’Abidjan vis-à-vis de ses attributions qui encourage des structures comme l’Union des chefs et nobles burkinabè en Côte d’Ivoire (UNCBCI) à  se prendre pour le nombril de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. C’est encore le défaut de coordination qui instaure au sein des associations sœurs des querelles à n’en point finir. Quand ce n’est pas l’Union des chefs et nobles burkinabè en Côte d’Ivoire (UNCBCI) qui se querelle avec le Conseil national des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNBCI), ce sont des structures de jeunesse sans objectif précis qui s’attaquent aux initiatives des autres. Comme s’ils avaient été créée juste pour s’opposer et non proposer. Et ce bordel prospère en Côte d’Ivoire parce que tout simplement le Consul général a failli à son devoir de faire comprendre aux structures existantes (qui se créent du reste librement) qu’elles sont complémentaires et non des adversaires.

  • Quand on parle au chien, il faut aussi parler à l’os

Il y a bien un adage qui dit que «quand on parle au chien, il faut aussi parler à l’os». Si la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire n’était pas gérée par des autorités démissionnaires, elle aurait été sans doute une force, une communauté qui compte de par sa qualité et non par le nombre. Une diaspora forte à même d’assumer son destin, son intégration en Côte d’Ivoire ou juste son séjour. Mais cet idéal qui caractérise les grands peuples est-il dans l’intérêt des fonctionnaires que l’Etat Burkinabè parachute, par rotation, en Côte d’Ivoire. Assurément non !

C’est qu’au Consulat Général d’Abidjan l’on a opté de privilégier la gestion de la paperasse qui induit des entrées d’argent au profit de l’Etat burkinabè. C’est-à-dire l’établissement des actes d’Etat civil, la délivrance des visas d’entrée au Burkina, la délivrance des autorisations de transfert de «cadavres» au Burkina etc. Une telle sélection ne peut que lever le voile sur la philosophie de certains de ces agents affectés qui pensent que leur passage en Côte d’Ivoire est une occasion de s’enrichir ou d’acquérir des biens. Dès lors l’organisation de la communauté devient le cadet de leur souci.

Mais au nombre des Consuls qui se sont succédé à Abidjan, la communauté burkinabè n’oubliera pas de sitôt Patrice Kafando, mort en fonction le 29 décembre 2013 alors qu’il avait amorcé un travail d’orfèvre en faveur de l’organisation de la communauté. Lui, avait le sens de la responsabilité. S’il avait été un travailleur ordinaire, on aurait dit de lui qu’il avait la conscience professionnelle. Il rendait visite, non pas aux riches de sa communauté mais là où sa présence pouvait apporter à défaut d’une solution, une espérance. Il assistait aux funérailles non pas des riches de sa communauté mais de défunts qui ont compté dans la vie communautaire dans certaines communes d’Abidjan. Il était l’ami des jeunes, parce qu’il savait leur parler. Il avait institué des rencontres périodiques avec les couches de la diaspora parce qu’il aimait le débat contradictoire, et faisait preuve d’une grande humilité. Il n’était pas seulement préoccupé par l’embellissement de ses bureaux parce qu’il n’estimait pas un seul point de ses attributions au-dessus d’un autre. Il n’était pas méprisant. Lui, avait surtout le sens de la cohérence, l’harmonie. Puisqu’il avait même imaginé une sorte de cérémonie annuelle où les associations qui  s’illustraient par le travail bien fait étaient officiellement primées. Ce qui créait une saine émulation.

  • Feu Patrice Kafando, une symphonie inachevée

Il aura exercé son magistère (brutalement interrompu le 29 décembre 2013) ici à Abidjan sans qu’Informateur.info (1er site d’informations et d’analyses de la diaspora burkinabè en Côte d’ Ivoire depuis 2009) n’ait jamais eu à lui reprocher la moindre maladresse. Puisse son âme reposer en paix ! Kafando, ce fut tout simplement une symphonie inachevée.

Mais que dire de Daouda Diallo qui lui a succédé et qui a officiellement été présenté à la communauté burkinabè le 30 août 2014. Alors qu’il prenait l’engagement, ce jour là, de poursuivre l’œuvre de son prédécesseur, près de deux ans après, l’on semble assister plutôt à l’effacement des sillons tracés par le défunt. Comment insuffler une nouvelle dynamique à la diaspora quand on évite de communiquer avec elle.

En effet, depuis qu’il a reçu des autorités ivoiriennes l’exequatur l’autorisant à exercer en Côte d’Ivoire en qualité de Consul Général, Daouda Diallo ne s’est jamais rendu dans aucune commune d’Abidjan ni de l’intérieur à la rencontre avec sa communauté. Pourtant, nuitamment, il rend des visites à des chefs religieux et coutumiers. Comment dans ces conditions on peut éduquer une communauté, la guider et mieux, la coordonner. Là, où le Consul Daouda Diallo n’est pas excusable c’est le fait qu’il n’entreprend rien. On l’aura vu, dernièrement lors de la fronde du Collectif des associations et mouvements de jeunesse burkinabè contre la mauvaise qualité de la carte d’identité consulaire produite par Sndei. Aucune communication avec la diaspora jusqu’à ce jour. L’autorité a préféré se réconcilier avec les jeunes gens qui l’on sérieusement secoué et même par moment réclamé sa tête, plutôt que d’initier une rencontre d’information et de sensibilisation avec la communauté. Qui est fou, dirait-on ! C’est pourtant le manque d’anticipation voire d’initiative de nos autorités consulaires en rapport avec de la communauté, qui livre en spectacle la plus forte (en nombre) communauté étrangère à la dérision en Côte d’Ivoire. Nous osons croire que les choses vont changer, non pas parce que nous aurons écrit, mais parce que ceux qui sont ici interpellés auront compris le sens de l’adage qui dit que «seuls les imbéciles ne changent pas».

Jean François Fall

Informateur.info