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@Informateur.info- Il a renoncé à être neutre, à défaut d’observer une certaine discrétion dans ses rapports avec le régime de Ouagadougou. Issaka Sawadogo, opérateur économique burkinabè, pca de la société de transport ivoiro-burkinabè (Stib), par ailleurs président de la confédération bétail viande de l’Afrique de l’Ouest, s’est laissé embarqué par le mouvement du peuple pour le progrès (Mpp).

En effet, samedi dernier, l’homme s’est affiché aux côtés des envoyés du pouvoir de Ouaga, présents à Abidjan, dans le cadre d’une réunion préparatoire d’un meeting de soutien au président du Faso, prévu le 21 juillet prochain. A l’occasion, il a offert la somme de deux millions FCFA pour la mobilisation. Faut-il rappeler qu’il a déjà reservé à hauteur de 6 millions FCFA, la salle Anoumabo du palais de la culture de Treichville qui doit abriter le meeting du 21 juillet prochain. A priori, il y a rien de mauvais à militer dans un parti politique de son choix. Sauf que la politique et le business ne font pas bon ménage.

Démarché à la fois par le Larlé Naaba, par le ministre des affaire étrangères Alpha Barry et par quelques opérateurs économiques pro-MPP, Issaka Sawadogo a fini par se ranger du côté du pouvoir. Convaincu qu’il y a plus à gagner qu’à perdre. Si le retournement de veste de celui qui a été de loin le plus grand financier du CDP en Côte d’Ivoire (parce qu’il a été aussi l’un des grands bénéficiaires du régime Compaoré) semble se justifier à l’aune de la saine appréciation de la réalité du moment, cette transhumance est difficilement acceptée par certains cadres du CDP en Côte d’Ivoire. Ces derniers estiment que pour les services que Blaise Compaoré a rendus à la famille Sawadogo dans le cadre du rayonnement de leurs affaires, abandonner sa formation alors qu’elle s’organise pour la reconquête du pouvoir d’Etat revêt un manque de reconnaissance.

Mais pour les défenseurs de l’opérateur économique, il n’y a pas de dilemme entre faire preuve de reconnaissance et perdre les acquis pour lesquels l’on vous demande d’être reconnaissant. Pour eux, Issaka Sawadogo a tout simplement opté de préserver ses intérêts plutôt que de se faire harakiri.

Seulement, entre les arguments des deux camps, on peut relever que l’homme d’affaires avait une autre alternative : celle de soutenir discrètement le régime de Ouaga comme bien d’opérateurs économiques insoupçonnés le font, sans être obligés de s’afficher publiquement. Cela a le mérite d’éviter que ses affaires ne périclitent avec la chute d’un régime qu’on a soutenu ouvertement et bénéficié de ses largesses.

Jean François Fall

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