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@Informateur.info- Le président Ouattara ne manque aucune occasion de se satisfaire de son bilan. Pourtant nombreuses de ses promesses n’ont pas été tenues. Récemment à Yamoussoukro, il s’est excusé auprès des populations de cette ville de n’avoir pas tenu sa promesse de s’y installer après sa prise de fonction. En 2010, il avait promis de transférer le siège du gouvernement à Yamoussoukro et y faire les conseils de ministres hebdomadaires. Des compagnies aériennes avaient même été contactées, selon lui, pour des liaisons journalières entre Abidjan et la ville natale du président Houphouët-Boigny. Ça n’a été que du pipeau.

Au plan social, M. Ouattara avait promis 250 mille logements sociaux aux Ivoiriens en 5 ans. Aujourd’hui, il n’est plus question que de moins de 10 mille logements dont le caractère social reste à prouver. Les nombreux souscripteurs floués apprécieront.

M. Ouattara avait aussi promis la couverture maladie universelle aux Ivoiriens seulement 6 mois après sa prise de fonction. Après 9 ans de gouvernance, pour sauver la face, il a dû réquisitionner la couverture santé de base de la MUGEF-CI pour l’habiller en CMU. Les Ivoiriens apprécieront aussi.

Au plan politique, la réconciliation avait été promise aux Ivoiriens, la main sur le cœur. On peut bien comprendre que, si le président Ouattara a eu le génie de diviser le RHDP qui l’a porté au pouvoir, ce ne sont pas toutes les populations d’un pays qu’il arrivera à réconcilier. Il n’y est pas parvenu.

Les universités promises ? Il faudra sans doute attendre un éventuel 3ème mandat pour en savoir plus. Idem pour une offre de soins de proximité. Un centre de santé à moins de 5 km de son lieu d’habitation promis semble être illusoire.
Incontestablement, c’est au plan économique que le président Ouattara pense avoir superbement réussi.

À juste titre, il ne rate aucune occasion de rappeler la croissance économique insolente de la Côte d’Ivoire et la maîtrise des déficits sous son règne. En effet, l’économie ivoirienne est en croissance. Le nier serait malhonnête. Mais on peut raisonnablement dire que tout ça est normal!! De septembre 2002 à avril 2011, toute la richesse créée dans la zone occupée par la rébellion (40% du territoire) n’était pas prise en compte dans le calcul du produit intérieur brut (PIB) Ivoirien.

Pourtant officiellement, malgré la partition, cette zone faisait partie de la Côte d’Ivoire. À l’accession au pouvoir de M. Ouattara, la Côte d’Ivoire a retrouvé la plénitude de son territoire et de sa richesse. Mécaniquement, la prise en compte de la richesse des zones occupées ne pouvait qu’augmenter le PIB. L’Allemagne réunifiée a connu la croissance économique. À l’inverse, le PIB de l’Espagne baissera sans la richesse créée en Catalogne. Pareil pour la Belgique sans la Flandre. La hausse du PIB ivoirien tient donc de cette logique arithmétique, d’autant plus que M. Ouattara et ses soutiens n’ont jamais indiqué précisément les réformes structurelles ayant favorisé la croissance économique. La maîtrise des déficits est de la poudre aux yeux. Le déficit budgétaire est depuis 2012 au-delà du plafond de L’UEMOA (3%).

Pendant que nous y sommes, attardons-nous sur l’économie Ivoirienne pour mieux la cerner. Cette économie reste traditionnelle, sa structure étant dominée par l’informel. M. Ouattara, l’économiste, n’a pas pu la formaliser. C’est un échec, car une économie essentiellement informelle, fût-elle en croissance, est un colosse aux pieds d’argile. La moindre crise financière internationale la fera sombrer. D’ailleurs le FMI a toujours prévenu la Côte d’Ivoire dans tous ses rapports. Aussi, cette économie ivoirienne sous M. Ouattara ne crée pas d’emplois formels et ne profite pas socialement aux populations, 0,01% du PIB étant consacré à la protection sociale selon le FMI. Enfin, cette économie ivoirienne sous le président Ouattara ne profite pas aux caisses de l’État. Selon une étude de l’OCDE en 2016, la Côte d’Ivoire ne recouvre que 17% de l’impôt exigible par rapport à son PIB. Elle arrive à la 11è place sur 21 pays, derrière le Sénégal, le Togo, le Burkina Faso, etc. En 2018, les recettes fiscales du pays figurant dans la “short liste”, selon M. Gon Coulibaly, des pays les plus dynamiques du monde représentaient 16,5% du PIB, en-dessous de la moyenne de 18% en Afrique subsaharienne, et très loin de la moyenne dans l’OCDE (35%). En clair, sous M. Ouattara, il y a probablement des entreprises qui considèrent la Côte d’Ivoire comme un paradis fiscal. Elles ne paient pas d’impôts. On est bien curieux de savoir les liens des dirigeants de ces entreprises avec le sommet de l’État.

Ah, j’oubliais les fameuses infrastructures routières pour lesquelles M. Ouattara est à féliciter. Les Ivoiriens voudront sans doute savoir le nombre de kilomètres de routes bitumées. Houphouët-Boigny en a bitumé des milliers de kilomètres sans s’en vanter.

Ce bilan est-il si flatteur après 10 ans de gouvernance au regard des promesses et des potentialités?

Donatien Robé
La Côte d’Ivoire sociale

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