Frontière la Léraba

@Informateur.info-  30 personnes en provenance du Burkina Faso ont été arrêtées par la douane ivoirienne ce mardi 9 juin 2020 à Bouaké. Installés à bord d’un camion transportant du bétail, ces hommes tentaient, malgré la fermeture des frontières aux personnes de rentrer en Côte d’Ivoire. Sans doute pour y travailler.

Cette interpellation qui ne doit pas faire oublier qu’il y a malheureusement des cas de clandestins qui parviennent à leur fin pose un problème à toute la sous-région :Faut-t-il rouvrir les frontières?
Depuis le début en février-mars de la pandémie de Covid-19 en Afrique de l’ouest, les déplacements de personnes entre pays sont interdits pour laisser la place uniquement aux biens.

Après près de 5 mois, la situation devient intenable pour de nombreuses personnes qui, ressortissants de certains pays ont toutes leurs activités dans les pays voisins.

C’est le cas de Bohui Celestine, commerçante de produits vivriers entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Partie livrer de la marchandise, elle est depuis plusieurs semaines bloquée au pays des Hommes intègres. «Je vais finir par dépenser tout ce que j’ai comme argent pour vivre ici à Ouagadougou. Cette situation est très difficile et j’ai laissé mon jeune frère seul dans notre maison à Abidjan. Ce n’est pas trop rassurant », indique-t-elle lors d’un entretien vidéo réalisé via l’application WhatsApp.

Si elle n’ignore pas le risque sanitaire encouru avec une ouverture des frontières, la trentenaire ivoirienne plaide pour des voyages contrôlés.«On pourrait demander aux voyageurs de faire des test ou même donner un nombre maximum de gens qui passent la frontière mais tout bloqué ainsi c’est compliqué».

Jeune Burkinabé qui a effectué une partie de sa vie en Côte d’Ivoire, Jean. N est très actif sur les réseaux sociaux. Quelques heures après l’arrestation des 30 Burkinabés, il a invité les dirige ouest africains à rouvrir les frontières entre les États.

«30 personnes en provenance du Burkina Faso, cachés dans un camion de transport de bétail, interpellés à Bouaké. J’espère seulement qu’ils ne subiront pas d’exactions et rackets. Chers présidents des Etats de la CEDEAO, vous n’allez pas vous concerter maintenant pour la réouverture des frontières de l’espace CEDEAO avec si possible des mesures de contrôle ?

Des milliers de Burkinabés travaillant en Côte d’Ivoire venus pour un court séjour en mars au Burkina sont bloqués ici au Burkina du fait de la fermeture des frontières. Leurs emplois sont menacés si les frontières ne s’ouvrent pas »,a-t-il écrit.

– Risque sanitaire

Si les intérêts humains et économiques plaident fortement pour une réouverture des frontières, le risque sanitaire encouru montre qu’une telle décision pourrait être à risques pour des Etats dont le système de riposte est très loin de celui de l’Union Européenne où une ouverture des frontières est prévue courant juin.

En effet, il suffit de voir l’explosion des cas dans un pays comme la Côte d’Ivoire et le relâchement observé après l’assouplissement des mesures pour comprendre qu’une ouverture des frontières dans un tel contexte reste une mesure risquée.
De nombreux ouest africains demeurent convaincus que le coronavirus est uniquement un coup médiatique. Pour eux, aucun doute : le virus n’existe tout simplement pas.

Rouvrir les frontières pourrait tout simplement les conforter dans cette logique mais également donner l’impression au reste de la population que la pandémie est terminée. De plus, les États qui ont actuellement fort à faire avec les cas dans leurs pays se passeront sûrement de recevoir d’autres cas importés.

C’est donc à un dilemme que sont confrontées les autorités sous-régionales. En attendant, les 30 Burkinabés interpellés vont être conduits devant un tribunal.

Abraham KOUASSI