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@Informateur.info- Le 9è Sommet du Traité d’Amitié et de Coopération (TAC) entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso entre, ce mardi, dans sa phase active avec le Conseil commun de gouvernement à Abidjan. Parallèlement, le président ivoirien, Alassane Ouattara, reçoit en audience sous le coup de 17h, son prédécesseur, Laurent Gbagbo acquitté et de retour de la CPI après 8 ans de détention, co-initiateur du TAC avec l’ex-président du Faso, Blaise Compaoré en exil aux bords de la lagune Ebrié depuis 2014.

Si la rencontre Ouattara-Gbagbo, la première depuis novembre 2010, lors d’un débat télévisé la veille du deuxième tour de la présidentielle qui a engendré une crise postélectorale pour laquelle le second a passé 10 ans hors du pays (8 en détention à la CPI et 2 en liberté conditionnelle à Bruxelles), cristallise les Ivoiriens, personne ne sait rien de l’agenda de cette rencontre au sommet de ces deux géants de la politique. Alliés en 1995 dans le cadre du Front républicain puis adversaires en 2010 (élection présidentielle) et enfin ennemis jurés depuis avril 2011 avec la déportation du second par le premier à la Cour pénale internationale à La Haye aux Pays-Bas. Certes, toutes les récriminations de chaque camp ne seront pas effacées ce jour mais le pas est déterminant pour le pays.

A l’instar de l’excellence de la coopération entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire à travers le TAC, signé le 29 juillet 2008 à Ouagadougou par les présidents Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré, alors chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Au moment où Abidjan abrite les travaux de la 9è conférence du TAC, il n’est pas superflu de faire un clin d’œil à ces deux précurseurs de cet important instrument de coopération bilatérale entre deux pays qui ont en partage les frontières, les cultures et les civilisations. L’Etat étant une continuité, il aurait été judicieux à l’occasion de ce 9é TAC, de trouver une fenêtre pour rendre hommage à Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo pendant qu’ils sont encore vivants.

Surtout que l’ex-président ivoirien revient de prison où il a séjourné huit longues années avant d’être acquitté et que (ironie du sort), M. Compaoré vit à Abidjan depuis 7 ans après sa chute en 2014. Une telle initiative aurait eu son mérite dans ce contexte de réconciliation nationale tant en Côte d’Ivoire qu’au Burkina Faso. Ce qui ajouterait une plus-value à la volonté des autorités ivoiriennes et burkinabè actuelles d’aller à la réconciliation nationale dans leur pays respectif en même qu’il renforcerait davantage la coopération entre les deux Etats.

Geneviève MADINA