@Informateur.info- Ça se bagarre fort autour du projet de construction du nouvel aéroport de Ouagadougou ainsi que de concession de transfert de celui de Ouagadougou à Donsin. Sur le pied de guerre, les agents opposés à la convention sur modèle Ppp (Partenariat public-privé, ndrl) dont le marché a été concédé à un opérateur français (Méridian-Marseille), tenaient une assemblée générale, samedi dernier. Les résolutions de cette rencontre syndicale sont connues. Il s’agit principalement de l’adoption d’un mot d’ordre de grève en octobre prochain et le dépôt de la motion relative au mouvement de protestation contre la convention.

Dévoilant ces résolutions, ce mercredi 18 septembre 2019, à la Bourse du travail de la capitale du Faso, lors d’une conférence de presse, Nyampa Salam, président du Collectif des syndicats de l’aéronautique civile, a dénoncé un «silence méprisant» du gouvernement relativement aux préoccupations des agents du secteur de l’aviation au Faso. Le dossier de concession de l’aéroport remonte à 1997 et a connu, à ce jour, plusieurs étapes. Ces étapes, à en croire le leader syndical des agents de l’aéronautique, ont été marquées par des rejets des stratégies proposées par les gouvernements successifs.

«Nos syndicats ont fait à toutes ces occasions de discussion sous les différents gouvernements, des observations et contre-propositions pertinentes qui ont souvent été à la base du rejet de la convention de concession. C’est certainement pour cette raison que nous sommes tenus à l’écart du processus de convention. Chose que nous ne saurons accepter», récrimine Nyampa Salam, rappelant avoir toujours dénoncé l’illégalité de la procédure en la matière. «En décembre 2014, le gouvernement de Transition, ayant compris que ce projet ne préservait pas les intérêts du peuple burkinabè, a décidé de mettre un terme à la privatisation de l’aéroport de Ouagadougou. Mais, les cartes vont se brouiller avec la récente proposition de projet de contrat de délégation de services publics faite par le groupement Méridian-Marseille qui n’a pas pris en compte ni les intérêts du peuple burkinabè, ni ceux des travailleurs du secteur de l’aviation civile», a-t-il critiqué.

Puis de souligner qu’il s’agit de la énième fois que les employés du milieu exposent leurs inquiétudes aux plus hautes autorités du pays sans être écoutés. «Nous avons dernièrement transmis au gouvernement les conclusion d’un panel de haut niveau tenu en février 2019 sur la question. Là aussi, il n’y a eu aucune réaction. En juillet 2019, nous avons tenté d’avoir une audience avec le chef du gouvernement. Là encore, nous avons été éconduits et pendant ce temps, les portes étaient grandement ouvertes au groupement Méridian-Marseille aussi bien au premier ministère qu’à la présidence du Faso. Le mépris des autorités, d’une part, et la procédure floue du choix du nouvel opérateur, d’autre part, expliquent pourquoi les dispositions de ce contrat sont uniquement et avantageusement, taillées aux seuls intérêts du repreneur-acquéreur», devait-il reprocher, prévenant que si la convention passe, il faudra s’attendre à des lendemains difficiles pour des services de l’État et les travailleurs du secteur.

«Ne pouvant pas accepter cette forfaiture, nous avons tenu une Ag qui a adopté une motion de grève de 48 heures. Cette motion vise à obtenir du gouvernement l’arrêt immédiat du processus de signature de contrat de délégation en cours avec le Consortium français ; l’ouverture d’une large consultation de tous les acteurs de l’aviation. Cela pour définir l’option la plus avantageuse pour notre pays tout en préservant les emplois ainsi que les droits et avantages acquis des travailleurs du secteur. Faute de quoi, les services vont être paralysés à compter du 2 octobre prochain», interpellera M. Nyampa.

Alfred SIRIMA

Correspondant Informateur.info

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