L'immeuble confilgène

@Informateur.info-Entre la mairie de Cocody, commune chic à l’Est d’Abidjan et les habitants du sous-quartier Cocody-Danga Rue des Cannas, ce n’est plus le parfait amour. La construction anarchique et illégale d’un immeuble R+3 dans cette contrée oppose la mairie aux résidents qui exigent l’arrêt des travaux et surtout la démolition de l’immeuble.

De fait, selon les informations en notre possession, un collectif de résidents qui s’est mué depuis hier, vendredi 11 septembre 2020, en une association pour la défense et les intérêts du quartier Cocody-Danga s’oppose aux travaux de construction de l’immeuble R+3 entrepris dans la zone par Sayegh Ghassan pour le compte de son fils mineur Sayegh Ali.

Les faits remontent au 15 avril 2015 quand un certificat de mutation de propriété foncière a été établi entre la défunte compagnie multinationale Air Afrique et Sayegh Ali au bénéfice du fils mineur de Sayegh Ghassan, sur un terrain urbain formant le lot 80 (Ilôt 6) d’une superficie de 1060 m2 à Danga-Sud.

Depuis quelques années, les résidents de Cocody-Danga Rue des Cannas ont fait l’amer constat que Sayegh Ghassan a entrepris, au milieu des résidences à pavillon (maisons basses), la construction de plusieurs immeubles de type R+3 sur ledit lot, propriété de son fils mineur. Or, la réglementation, actuellement, en vigueur en matière d’urbanisme, prescrit l’interdiction FORMELLE de construire un immeuble au-delà du R+1 dans cette zone de Cocody-Danga.

Pour les riverains, la construction de ces immeubles entreprise par le sieur Sayegh tombe sous le coup des dispositions de l’article 2 de l’arrêté du ministère de la Construction no 16-0007/ MCU/DGUF/DU/SDPU du 17 juin 2016 portant modification du règlement d’Urbanisme particulier de la commune de Cocody, spécifiquement, au secteur 1 qui concerne la zone de Cocody-Danga où sont entrepris les travaux de construction de ces immeubles, en face de l’École primaire publique (EPP) de Danga.

Ces immeubles s’ils sont achevés, porteront atteinte à la vie privée et à la sécurité de tous les résidents de cette zone car les occupants auront une vue panoramique sur les résidences des riverains qui habitent les pavillons”, dénonce le collectif des riverains qui a saisi, à cet effet, la direction technique de la mairie de Cocody et le maire lui-même.

Les riverains mettent en cause la responsabilité du maire

A la suite de la grogne des résidents, les travaux ont été arrêtés par la mairie avec confiscation de tout le matériel de construction sur le chantier qui, signalons le, ne renseigne le type de construction sur le site par un panneau comme l’exige la réglementation. Mais, l’on ne sait par quelle alchimie le sieur Sayegh Ghassan a pu reprendre les travaux depuis deux semaines.

Ce qui a contraint une résidente du quartier à exercer un recours administratif préalable ou recours gracieux le 4 septembre 2020 contre le permis de construire no 027/14-CCY-DA/DST/SDU/AJY/RCLV délivré courant janvier à Air Afrique par la mairie de Cocody. Car, c’est se prévalant dudit permis de construire que le sieur Sayegh Ghassan a entrepris la construction de ces immeubles. Or, ledit permis n’est valable que “pour un an à compter du jour de sa délivrance et il pourra être prorogé pour une année sur demande de son bénéficiaire formulée avant l’expiration du délai de validité”, souligne l’acte de délivrance.

En l’espèce, M. Sayegh n’ayant pas formulé une quelconque demande de renouvellement de son titre de construction depuis 2015, il n’était plus fondé, légalement, à élever un immeuble sur le site.

Alors que ce dossier est encore pendant sur la table des autorités municipales de la commune, il a été donné de constater, vendredi aux alentours de 20h, un déchargement de ciment sur le chantier en vue de poursuivre les travaux en dépit de la protestation des résidents qui ont, également, porté l’affaire devant les tribunaux.

Geneviève MADINA