@Informateur.info- La charpente de l’armée burkinabè vient d’être renforcée avec la création d’une entité dénommée Forces spéciales (FS) dont l’emploi relèvera du président du Faso. En effet, par décret présidentiel en date du 2 juin 2021, Roch Marc Christian Kaboré a acté la naissance d’un corps militaire spécial qui sera composé d’officiers, de sous-officiers et des militaires du rang rigoureusement sélectionnés.

Selon le décret qui institue ce corps doté d’un organe de commandement, «les éléments qui seront sélectionnés seront entrainés dans un centre d’entrainement commando et de formation aux opérations des Forces spéciales (CEC-FOS)». Ces forces seront équipées et utiliseront des techniques opérationnelles et des modes d’actions particuliers. Leur vocation : mener «des opérations spéciales visant à atteindre des objectifs d’intérêt stratégiques en dehors parfois des cadres conventionnels». Mieux, les compétences de ces Forces spéciales s’étendent sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’en dehors du territoire burkinabè.

Si le décret présidentiel définit les missions et le cadre institutionnel des Forces spéciales, il reste cependant muet sur l’effectif de cette nouvelle entité de l’armée burkinabè qui rappelle trait pour trait l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) fort de 1200 hommes sous Blaise Compaoré. Sauf que contrairement au Forces spéciales naissantes, le RSP était une unité des forces armées du Burkina Faso chargée de la protection du président du Burkina Faso, des institutions républicaines et de toute autre personne désignée par le Président du Faso. Ce régiment avait fini par être formaté comme la garde prétorienne de Blaise Compaoré avec quelques dérives à son tableau de chasse. D’où son rejet populaire et sa dissolution.

Si la différence semble se situer a priori dans la définition des missions, on retient que le président du Faso a compris la nécessité de combler le vide laissé par le RSP, en créant une unité spéciale surentrainée, suréquipée avec des compétences hors normes comme c’était le cas sous Blaise Compaoré.

Jean François FALL