@Informateur.info- En mission d’évaluation du dernier scrutin présidentiel burkinabè auquel a pris part, pour la première fois, la Diaspora, une délégation du Conseil constitutionnel du Burkina Faso conduite par le président de cette institution, Kassoum Kambou, séjourne à Abidjan depuis le 22 août où elle a eu des échanges avec la représentation diplomatique et consulaire burkinabè en Côte d’Ivoire, des rencontres avec les différents démembrements de la CENI ainsi que les acteurs politiques, sur le déroulement des opérations de vote.

Selon le président Kassoum Kambou qu’ accompagnaient les membres de l’institution, Haridiata Dakouré et Moctar Tall, cette mission en terre ivoirienne était normale pour s’enquérir du déroulement du scrutin en Côte d’Ivoire.

“Chargé de contrôler la régularité, la transparence et la sincérité des élections, le Conseil constitutionnel n’a pas pu envoyer des délégués à l’étranger lors de l’élection du Président du Faso le 22 novembre 2020, pour contrôler les opérations de vote, conformément à la loi, pour cause de crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19. Autant il n’a pas pu couvrir tous les bureaux de vote au Burkina”, a, d’emblée, déclaré M.Kambou, dans un point presse, à l’issue de sa mission, jeudi, dans un grand hôtel abidjanais.

Avant la Côte d’Ivoire, la délégation du Conseil constitutionnel s’était rendue en Egypte, au Sénégal, en France, au Gabon et terminera par le Ghana, toujours dans le cadre de l’évaluation de la présidentielle 2020 au pays des Hommes intègres.

“Pour ce scrutin, vous savez que c’est la première fois que nos compatriotes vivant à l’étranger ont rempli leur devoir civique. Cependant beaucoup n’ont pas voté dans ces 22 pays. Alors nous avons sélectionné six pays dont le Burkina Faso pour cette mission pour faire le point avec nos compatriotes, ce qu’ils ont pu retenir, les satisfactions, les décéptions, et tirer les leçons pour les échéances à venir”, a expliqué le juge des élections du Burkina Faso.

Dans l’ensemble, a poursuivi le président du Conseil constitutionnel, Kassoum Kambou, les différents interlocuteurs ont salué “cette première dans l’histoire politique de notre pays, le fait de leur permettre de participer au choix du président de la République. Ça été une satisfaction pour eux. Dans tous les pays où nous sommes passés, c’était la même satisfaction” a-t-il insisté.

Toutefois, a admis M. Kambou “beaucoup de nos compatriotes n’ont pas voté pour défaut de carte nationale d’identité et puis on n’a pas assez de liberté de manoeuvre comme sur le plan national pour installer les bureaux de vote partout on veut. Le manque de diversification des bureaux de vote a empêché nos compatriotes de se déplacer à Abidjan ou dans les Consulats pour voter”, a déploré Kassoum Kambou.

Hormis cette fausse note, “nos compatriotes ont exprimé leur satisfaction générale et souhaité que les autorités burkinabè prennent des dispositions pour qu’aux prochaines élections un grand nombre de Burkinabè puisse voter”, a-t-il indiqué. L’autre préoccupation soulevée par les participants aux échanges avec la délégation, selon M. Kambou, concerne l’inscription sur la liste électorale.

Face à ces préoccupations de la Diaspora burkinabè, le président du CC a indiqué que “les recommandations seront synthétisées afin de les transmettre à qui de droit” pour les futures élections soulignant que “le dernier scrutin présidentiel s’est, effectivement, déroulé dans la transparence et qu’il a été régulier dans les pays visités”.

Geneviève MADINA