Informateur.info-Ils ne sont pas du même pays et n’ont peut-être même aucun lien entre eux. Mais ils ont eu la même approche du financement que le gouvernement de leur pays respectif ont octroyé aux candidats à la présidentielle en vue de les aider à battre leur campagne. Le fait est très important pour que l’on le passe sous silence.

En effet, le candidat indépendant à la présidentielle burkinabè, Jean Baptiste Natama a renoncé au financement de l’Etat, estimant, selon ses services de communications rapportés par lefaso.net, que « Longtemps, l’argent a dénaturé les élections et pervertit notre démocratie. Et quand on se veut porteur d’un projet de Renaissance, de rupture, c’est entre autres par-là que ça commence ». Un bel exemple du Burkinabé nouveau que le pays des hommes intègres attend après la parenthèse Compaoré. A l’évidence, ce candidat indépendant n’est pas le plus nanti (financièrement) devant un Rock Marc Christian Kaboré ou un Zéphirin Diabré déclarés tous deux favoris à cette élection. Mais en refusant les 25 millions FCFA que les autres ont empochés avec empressement, Natama qui il faut le préciser, a eu sa résidence incendiée dans la foulée du coup d’Etat, donc qui accuse de ce fait des pertes en bien matériel, montre aux autres que tout ne repose pas sur l’argent. Le candidat Natama, selon toujours notre confère, préfère que sa part d’argent soit consacré à la construction d’une infrastructure éducative ou sanitaire.

Avant cet acte de refuse exemplaire, il faut rappeler que du côté de la lagune ébrié, un candidat à la course présidentielle contre Alassane Ouattara, notamment Siméon Konan Kouassi avait lui aussi refusé le financement de 100 millions FCFA de l’Etat ivoirien pour sa campagne. Estimant qu’il était candidat pour porter un projet et entendait le faire avec des principes et des valeurs d’intégrités et de dignité. Au Burkina Faso comme en Côte d’Ivoire, Natama et Konan Kouassi ont prouvé leur bon rapport à l’argent. Mais au-delà, ce sont les priorités de l’Etat que ces refus mettent en exergue. A savoir qu’une école ou un dispensaire de plus dans un village du Burkina ou de la Côte d’Ivoire est plus salutaire que de distraire l’argent du contribuable dans des ambitions personnelles. Autrement dit, il faut savoir battre campagne avec ses propres moyens quand on aspire à gouverner un pays.

Jean François Fall