Mélégué Maurice Traoré

@Informateur.info- Dans une interview qu’il a accordée à Lefaso.net, Maurice Mélégué Traoré éclaire la lanterne des Burkinabè et de l’opinion sur les compétences et la portée du ministère de réconciliation nationale et de la cohésion sociale taillée sur mesure par le président du Faso pour son ex-opposant, Zéphirin Diabré.

«La réconciliation est un gros enjeu pour notre pays aujourd’hui. Cela est vrai, mais un ministère reste un ministère. Il ne faut pas se tromper là-dessus. J’imagine que ce sont purement des raisons d’opportunité, de stratégie et de tactique politiques qui expliquent cette façon de procéder, qui a consisté à citer les noms de tous les ministres, puis décaler à la fin celui de Zéphirin Diabré, comme s’il n’est pas placé au même niveau que les autres ministres. Et puis, ça veut dire quoi au juste, « au titre de la présidence du Faso » dans le décret de nomination d’un gouvernement ? Ce poste, au-delà de l’enjeu de la réconciliation qui est réel, c’est uniquement de la machinerie et de l’habillage politique ; ce n’est pas autre chose », précise l’ancien président de l’Assemblée nationale.

A en croire ce dernier «dans l’ordonnancement de l’Etat, le ministère chargé de la Réconciliation nationale est un département ministériel comme les autres. Zéphirin Diabré est un ministre de valeur incontestablement, mais pas autre chose. La Constitution burkinabè à son titre IV, ne reconnaît qu’un organe de direction de l’Etat : le gouvernement. Il est collégial».

Mieux, selon Maurice Mélégué Traoré, «Zéphirin Diabré a un département détenant des attributions particulières, tout simplement parce que l’enjeu auquel la politique publique qu’il exécutera est attachée, est également singulier à cette étape de l’histoire de notre pays. Sinon, c’est un ministère comme les autres. S’il a un dossier à présenter en Conseil des ministres, il passera sous le magistère du Premier ministre ; et sur le plan opératoire, par le mécanisme du secrétariat général du gouvernement. Il n’en sera pas autrement».

Et de prévenir : «la tendance ici pourrait être que Zéphirin Diabré donne l’impression qu’il échappe à l’autorité du Premier ministre. Il ne le peut pas. Et puis, je ne vois pas quel intérêt il aurait à le faire. Je ne crois pas que le président du Faso lui-même aurait intérêt à ce que ce soit ainsi».

Alfred SIRIMA