@Informateur.info- Le rapport 2018 du Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-Lac) sur l’état de la corruption au Burkina Faso est disponible. Publié lundi 30 septembre 2019, le document de 149 pages révèle que la corruption demeure un ”phénomène très fréquent” au pays présenté pourtant comme étant celui des hommes. intègres. ” Si l’insurrection populaire d’octobre 2014 avait donné probablement des signaux d’espoir aux populations dans la lutte contre la corruption, les années suivantes ont été celles de grandes désillusions pour celles-ci.

Ainsi, seulement 27,3% de répondants pensent que la corruption a régressé en 2018 contre 36,6% en 2017. Des expériences de corruption vécues au quotidien par les citoyens, il ressort que 327 personnes, soit 16% des 2016 enquêtés de l’échantillon, ont offert directement au moins une rétribution illégale en 2018 à un agent public en échange d’un service non soumis à paiement.

En outre, 212 enquêtés de l’échantillon total déclarent avoir été témoin d’offre et/ou de rétributions illégales dans les administrations publiques et para-publiques au cours de l’année 2018″, relève-t-on dans le rapport dans lequel le Ren-Lac dévoile les 7 administrations qui s’adonnent le plus à cette pratique. Il s’agit notamment des Douanes, de la police municipale, de la Direction générale des transports terrestres et des marchandises (Dgttm), la gendarmerie nationale et la police nationale et la Justice.

”Cette année, pour les enquêtés, c’est la douane qui est perçue comme le service où les pratiques de corruption ont été les plus fréquents. Suivent successivement la police municipale, la Dgttm, la gendarmerie et la police nationale. L’enseignement secondaire et la justice se classent 6eme et 7eme”, fait savoir le Réseau, informant que sur un total de 72 sollicitations de services douaniers, 46 cas ont fait l’objet de pratiques de corruption. ” 44 de ces 46 cas de corruption se sont déroulés lors de contrôles sur les axes routier et 2 cas lors d’opération de dédouanement. Au niveau de la police municipale, selon les témoignages, 104 des 105 cas de rétributions illégales ont eu lieu lors des contrôles de la circulation routière urbaine. 66,7% de ces cas de rétributions illégales ont eu lieu dans la seule ville de Ouagadougou”, apprend-t-on.

Quid de la Dgttm? ”Sur 119 sollicitations, ce sont 40 cas de rétributions illégales qui ont été notées. La plupart des cas de corruption évoqués à la Dgttm, ont été enregistrés au niveau de l’administration des examens pour l’obtention des permis de conduire (23 cas sur 40) contre 17 cas sur 40 lors des opérations de retrait des documents de transport (cartes grises et permis de conduire essentiellement) “, écrit le Ren-Lac, soulignant qu’au niveau de la gendarmerie et de la police nationale, les rétributions illégales sont survenues lors des opérations de contrôle d’identité, des documents sur les axes routiers et lors des activités de police judiciaire. ”76% des cas sont survenus lors des contrôles sur les aces routiers. 18% des cas sont survenus lors de l’établissement des cartes nationales d’identité (cnib)”, lit-on dans le même rapport qui mentionne que la Justice a vu sa situation se dégrader. Ce, en passant du 10eme rang en 2017 au 7eme rang en 2018.

Notons que le rapport qui a combiné méthodes quantitatives et qualitatives, du 8 au 20 novembre 2018, a couvert 13 chefs-lieux de région et la ville DD Pouytenga. Elle a porté sur un échantillon de 2016 personnes âgées d’au moins 18 ans dont 50,1% de femmes et 71,1% de scolarisés.

Alfred SIRIMA

Correspondant Informateur.info

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