@Informateur.info- Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) tient demain,  dimanche 08 septembre 2019, un meeting de grande envergure. Pour sûr,  l’ombre de l’ancien président Blaise Compaoré, président d’honneur du parti, planera sur ce ‘’raout’’. Et pour cause. Son retour au pays sera à l’ordre du jour.

Les organisateurs du meeting du CDP prévu pour demain sont à pied d’œuvre pour réussir un grand coup et, surtout, relever le pari de la mobilisation qui sera, sans doute, le grand enjeu de ce rendez-vous. Puisqu’il s’agira de démontrer, à la face du monde, qu’il est temps, grand temps,  que l’ancien président regagne ses ‘’pénates’’. S’il devait expier ses fautes, nul doute que Blaise Compaoré a déjà payé. Et plutôt dans les grandes largeurs. Ne dit-on pas que l’exil est une prison?

Voilà cinq (5) ans qu’il a quitté son Faso natal dans des circonstances rocambolesques après plus de 25 ans de pouvoir. 1825 jours de regrets, de mélancolie et de frustrations. C’est une éternité! Qui peut dire qu’il n’a pas assez souffert, cet homme qui représentait son pays et qui, du jour au lendemain, ne représente plus rien? Y a-t-il plus grande douleur que de perdre sa patrie? Or, Blaise Compaoré a dû changer de nationalité pour les besoins de la cause. Puisqu’il a pris la nationalité ivoirienne moins par plaisir que par nécessité : il voulait échapper au risque d’une extradition qui aurait été une avanie suprême.

De deux maux, il a donc choisi le moindre, pour continuer à vivre. Mais, qu’est-ce une vie, si elle ne peut être vécue au grand jour? Car, pour être devenu citoyen ivoirien, Blaise Compaoré n’en ressent pas moins le poids de la blessure que représente cet acte perçu par beaucoup de Burkinabè comme une trahison, une infamie. Non, Compaoré a déjà assez souffert. Il mérite compassion. Il mérite le pardon de ses compatriotes.

A ceux qui ont beaucoup péché, il sera beaucoup pardonné, enseignent les Saintes Ecritures qui sont la voie et la voix de la sagesse. N’est-il pas aussi dit qu’à tout péché, miséricorde?  Ce meeting sera donc un plaidoyer pour le ‘’beau’’ Blaise afin que les autorités actuelles dont il était un fidèle compagnon, acceptent de le voir rentrer au Burkina pour y couler une retraite paisible. Il n’est quand même pas le diable incarné, lui qui fut le visage du Burkina Faso! Il a toute sa place dans ce pays qui l’a vu naitre et qu’il a porté pendant si longtemps en tant que premier citoyen.

Au surplus, le Burkina Faso qui a sa culture et son histoire, ne saurait accepter indéfiniment cet autre exil d’un ancien président (Maurice Yaméogo était en exil). D’autant que Compaoré peut être encore utile à son pays, ne serait-ce que pour résoudre l’épineuse et tragique question du terrorisme qui continue d’endeuiller le Burkina.

En l’espèce, il a une expertise que ne peuvent snober plus avant Roch Kaboré et les securocrates du régime. En un mot, le Pays des Hommes Intègres a plus à gagner au retour de l’ancien président qu’à laisser son exil perdurer. Ce serait de la real politik. Tout simplement. 

Jean François FALL

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