Simon Compaoré

Depuis ce vendredi 16 mars 2018, un vent de mauvais augure souffle sur le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) formation politique au pouvoir au Burkina Faso. En effet, plusieurs jeunes issus des instances du MPP ont produit une déclaration pour signifier de façon officielle à l’opinion nationale et internationale, leur démission du MPP.
Pourquoi, une telle décision, deux ans après l’accession du Mouvement du peuple pour le progrès au pouvoir d’Etat? Le porte-parole des démissionnaires des différentes structures des jeunes, des élèves et étudiants en donne les raisons. Selon le représentant de ces jeunes, il est inconcevable qu’après avoir mis fin au « règne autocratique» du président Blaise Compaoré en 2014 et s’étant affiliés au MPP, que les choses n’aient pas évolué d’un iota. A en croire le porte-parole des démissionnaires, les jeunes ne sont pas associés aux décisions politiques et il leur a été donné de constater plusieurs déviations et les mêmes pratiques mafieuses décriées autrefois à l’ancien régime.
Abordant le volet de la formation politique qui est une de leurs premières préoccupations, le porte-parole relève que les jeunes du MPP baignent toujours dans un alphabétisme politique criant. Ce qui explique, dira le conférencier, leur absence des débats politiques et idéologiques.
Sur le plan économique, le porte-parole des démissionnaires a mis en exergue les pillages systématiques et organisés qui ne cessent de faire la « Une » des journaux, non sans évoquer la loi PPP qui a engendré une vaste campagne de corruption et de détournement de deniers publics.
En somme, tant de griefs formulés contre la gestion actuelle du régime au pouvoir, qualifiée de chaotique et dangereuse par ces jeunes « révoltés » qui se retrouvent dans une situation de désillusion totale.
Ce pourquoi, les organisateurs de ce « mouvement d’humeur » invitent leurs camarades à se ressaisir et à s’orienter vers une autre formation, en vue d’acquérir des formations adéquates pour leur avenir dans le paysage politique burkinabè. Aussi, ils les enjoignent de se retirer des instances et des organes du MPP, et à suivre la voix de la vérité car « seule la vérité triomphe tôt ou tard, malgré la durée du mensonge», ont-ils fait remarquer.

Yannick Kobo