@Informateur-info- L”Opposition politique burkinabé a exigé, mardi, que toute la lumière soit faite sur la mort des douze personnes suspectées de “terroristes” en détention à la Gendarmerie de Tanwalbougou, dans la province du Gourma, dans la nuit du 11 au 12 mai dernier.

“La mort des douze personnes détenues a créé la polémique. Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés a déclaré en effet qu’il s’agit d’exécutions sommaires, demandant la démission du ministre de la défense. Une enquête est aussi ouverte par le Procureur du Faso pour déterminer la cause exacte de ces décès”, ont relevé, dans une conférence à Ouagadougou, Me Gilbert Noël Ouédraogo, Président de l’ADF / RDA et Abdoulaye ARBA, Président du PMP, au nom du Chef de File de l’Opposition politique (CFOP) du Burkina.

Pour MM. Gilbert Ouédraogo et Abdoulaye Arba, l’opposition a toujours soutenu “les vaillantes Forces de défense et de sécurité (FDS)”, cependant, elle rejette “les exécutions sommaires” d’où qu’elles viennent.

“Les exécutions sommaires ont toujours eu cette conséquence qu’en exécutant des présumés terroristes qui devraient être jugées, nous prenons inévitablement le risque de tuer des innocents. Des gens pourraient en profiter pour accuser et faire éliminer leurs ennemis, leurs rivaux, leurs adversaires politiques, etc.”, ont-ils fait remarquer. 

“Si nous tuons des innocents, nous créons de nouvelles vagues d’ennemis internes assoiffés de vengeance qui travailleront contre l’Etat, donc en faveur des ennemis. Les exemples à travers le Nigéria, la Somalie et l’Afghanistan, montrent à suffisance que les exécutions sommaires ne sont pas une solution”, ont-ils poursuivi. 

Selon l’Opposition politique, les exécutions sommaires font courir d’énormes risques aux vaillantes FDS burkinabè. 

Tout en renouvelant son soutien aux Forces de défense et de sécurité, l’Opposition “les encourage à plus d’efforts dans  la protection des droits humains” et “exige que toute la lumière soit faite sur la mort des douze personnes à Tanwalbougou, et que les éventuels coupables soient punis conformément à la Loi”. 

Dans la nuit du 11 au 12 mai, douze personnes civiles parmi les 25 interpellées par la gendarmerie, “suspectées de faits de terrorisme ” selon le Procureur du Faso près du Tribunal de Grande instance de Fada, Kadeba Judicaël sont décédées. 

“Ces victimes auraient trouvé la mort au cours de la même nuit dans les cellules où elles étaient détenues ” avait précisé Kadeba Judicaël, dans un communiqué, sans révéler les circonstances du drame.

Geneviève MADINA