Le RSP frappe, Kafando et Zida tombent, Gilbert Diendéré prend le Pouvoir

Informateur.info-Report le 19 janvier 2015 du droit de vote de la diaspora de la présidentielle du 11 octobre prochain, alors même que l’article 22 de la charte de la transition en faisait droit, adoption d’un code électoral imbibé des germes de l’exclusion en mai 2015 puis la cerise sur le gâteau aura été la décision du Conseil constitutionnel qui a rejeté, sans tenir aucunement compte de l’intérêt supérieur de la nation, les candidatures de personnalités comme les généraux Djibrill Bassolé, Yacouba Ouédraogo et bien d’autres. Bien de soutien de ces autorités de la transition au sein des organisations de la société civile s’étaient curieusement enrichis, roulant dans des voitures rutilantes et s’offrant même du côté de la Côte d’Ivoire des villas cossues. Dans un précédent article intitulé : «Les partisans de l’insurrection gagnent la bataille de l’orgueil, mais attention !», que nous avons publié récemment, nous insistions sur le péril qui guettait le Burkina Faso après l’historique courage que le conseil constitutionnel a eu en mettant en rade des candidats dont la représentativité au plan national ne fait aucun doute. Dès l’instant où les autorités de la transition qui ont volontairement refusé de s’assumer se sont laissées guider et dicter dans leurs décisions de reforme qui puait à mille lieux la vengeance et la haine, il fallait bien s’attendre à un coup de force. Depuis ce jeudi 17 septembre, ça y est. Les autorités de la transition ont récolté ce qu’ils ont semé. C’est donc le Général Gilbert Diendéré, l’ex-chef d’Etat-major particulière de Blaise Compaoré qui prend finalement le pouvoir avec comme mission d’organiser des élections inclusives.
L’histoire donne raison 2 fois à Alexandre Lebel
Dans son livre «Processus Exclusif», paru en février 2015, le journaliste ivoiro-burkinabé Alexandre Lebel Ilboudo, spécialiste des questions politiques sur le Burkina Faso critiquait déjà la transition en ces termes : «Les Burkinabè qui aspiraient donc à être réconciliés et à re-fraterniser pour affronter l’après-Compaoré et ses incertitudes, se voyaient catégorisés et étiquetés par ceux-là mêmes qui avaient mission de les rassembler. C’est un tel non-sens !» écrit-il à la Page 81 de son livre. Alexandre Lebel Ilboudo avait même lors de la dédicace de son ouvrage à Abidjan estimé que les autorités de la transition avaient raté une belle occasion d’entrer dans l’histoire. Mieux en ce qui concerne le RSP l’auteur écrit ceci à la page 77 de son livre : «Blaise Compaoré a quitté le pouvoir aussi facilement, souvenons-nous, parce que le RPS n’a pas opposé de résistance. Cette situation a valu au Burkina une haute image dans l’opinion. Veillons à ce qu’une tentative forcée de démantèlement du RSP ne débouche sur des tueries et une prise du pouvoir par les militaires qui pourrait jeter l’opprobre sur le pays»
Des élections inclusives évoquées
L’histoire semble donner raison au journaliste qui, il faut le préciser, avait également conseillé en avril 2014 à l’ex-homme fort de Ouagadougou dans son deuxième livre intitulé : «Blaise Compaoré à la croisée des chemins», de savoir se retirer du pouvoir pour préserver les acquis de son long règne. Retour donc à la case départ pour le Burkina Faso qui doit ré-négocier une nouvelle transition où les meneurs du coup de force appellent à des élections inclusives ; facteur de cohésion sociale mais également de la stabilité du Burkina Faso. Et les militaires ont le soutien d’une partie du peuple, notamment l’ex-majorité présidentielle et une bonne frange de la diaspora qui entend pleinement être associés à ces élections inclusives. Vive la justice et vivre la démocratie au Burkina Faso.
Jean François Fall

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