@Informateur- Dans un rapport intitulé, « Burkina Faso : sortir de la spirale des violences », l’ONG International Crisis Group  (ICG)s’est prononcée le 24 février sur la situation au Burkina Faso. Dans un document de 51 pages, l’organisation a livré les conclusions de ses enquêtes sur le phénomène terroriste.

« Un dangereux engrenage est à l’œuvre : les jihadistes exploitent les frustrations du monde rural ; les autorités ont recours à la force, et les abus des forces de l’ordre et des groupes d’autodéfense favorisent les violences locales à base communautaire. Le recrutement de divers groupes armés s’en trouve facilité », explique Crisis.

Pour l’organisation basée à Bruxelles et spécialiste des questions de résolution de conflits, les autorités du Faso devraient envisager un dialogue avec les terroristes. « La question du dialogue avec les groupes jihadistes, peu audible dans le contexte actuel de montée des violences et d’appel à la mobilisation des citoyens, devra au moins être posée à moyen terme », peut-on lire dans le rapport.

A en croire l’ONG, « De nombreux « jihadistes » burkinabè sont en effet moins des terroristes que des insurgés animés par des revendications locales, que l’Etat pourrait plus aisément satisfaire ».

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Dans son document, International Crisis Group a par ailleurs souligné l’importance pour l’Etat burkinabè de travailler à de meilleures conditions de vie pour les soldats engagés dans la guerre contre le terrorisme.

« Les autorités devraient en même temps concevoir une réponse militaire plus efficace et plus proportionnée : améliorer les conditions des troupes au front, construire un système de renseignement plus fiable pour permettre de mieux distinguer civils et insurgés, investir dans la chaîne pénale pour réduire la tentation des exécutions sommaires », propose l’ONG.

Et d’ajouter : « La politisation des forces armées et la crainte d’une mutinerie en leur sein dissuadent le gouvernement de renforcer leurs moyens, alors qu’elles souffrent déjà historiquement d’un déficit de formation et d’équipement. Elles opèrent donc dans la peur, propice aux bavures. L’amélioration des conditions de vie et d’opérations des troupes au front (équipement, relèves plus fréquentes, hausse des rations alimentaires et des primes, suivi psychosocial, mise à disposition d’interprètes ».

En définitive, pour l’ONG, « Le gouvernement devrait faire un usage proportionné de la force, limiter le rôle des groupes d’autodéfense dans la lutte contre-insurrectionnelle, et développer une approche intégrée de la sécurité. A plus long terme, mettre fin aux crises du monde rural implique de résoudre la question foncière, souvent au cœur des conflits locaux ».

Steven IBRAHIM