@Informateur.info-  Ce samedi 31 octobre 2020 marque la sixième année de la chute du pouvoir de Blaise Compaoré. De fait, c’est le 31 octobre 2014 que celui qui a dirigé le Burkina Faso pendant 27 ans a été contraint par une insurrection populaire à démissionner de ses fonctions et à prendre aussitôt le chemin de l’exil vers la Côte d’Ivoire.

Ce départ précipité de l’ex-homme fort de Ouagadougou, faut-il le rappeler est le fruit d’un soulèvement populaire contre un projet de modification de la Constitution. On se souvient que le natif de Ziniaré souhaitait modifier l’article 37 de la loi fondamentale du pays des Hommes intègres afin de pouvoir briguer un 5e mandat.

Face à cette situation, des milliers de manifestants ont pris d’assaut les rues de Ouagadougou et des autres villes du pays. La suite, on la connait : une trentaine de morts dans la répression et les locaux de l’Assemblée nationale ainsi que des résidences des caciques du régimes ont été incendiés.

Lâché par l’armée, notamment le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancien proche de Thomas Sankara va d’abord tenter de calmer le jeu en renonçant à la réforme de la Constitution. Puis, sous la pression de la rue, il sera contraint de rejoindre la Côte d’Ivoire où Alassane Ouattara lui a accordé l’exil.

Discret depuis son arrivée en terre ivoirienne, Blaise Compaoré qui a entre-temps obtenu la nationalité ivoirienne, vit sa retraite entre Abidjan, Lomé et Rabat où il séjourne régulièrement. Il n’a pas cependant renoncé à la vie politique de son pays, le Burkina, puisqu’en qualité de président d’honneur du CDP, ses orientations sont prises en compte dans la gestion de l’ex-parti présidentiel que dirige aujourd’hui Eddie Komboïgo.

Dans une récente interview, son successeur Roch Marc Christian Kaboré, s’est dit disposé à faciliter son retour au Burkina où, faut-il le rappeler, il est toujours réclamé par la justice pour les morts enregistrées lors de la répression des manifestations d’octobre 2014.

Alfred SIRIMA