Mathias Tankoano, Président du CSC

@Informateur.info- Dans une lettre ouverte qu’elles ont adressée, ce lundi, au président du Conseil supérieur de la communication (CSC) et dont Informateur.info a reçu copie, la Convergence Citoyenne et Panafricaine (CCP) de Ousmane So  et l’Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP) de Abraham Badolo estiment que ledit Conseil outrepasse ses prérogatives. Ci-dessous la lettre ouverte.

«Couverture médiatique de toute campagne électorale déguisée : Quand le CSC outrepasse ses prérogatives!

Monsieur Mathias Tankoano,

Président du conseil supérieur de la communication (CSC),

Le 29 juillet 2020, en votre qualité de président du CSC, entouré de vos proches collaborateurs, vous avez initié dans la salle de conférence du ministère des affaires étrangères une concertation avec les représentants des organes de presse sur la période de pré-campagne de 90 jours avant l’ouverture officielle de la campagne.

Le premier volet de cette rencontre s’inscrivait dans la dynamique de mise en œuvre d’une disposition du chapitre 5 du code électoral  notamment l’Article 68 bis (Loi numéro 005-2015/CNT du 7 avril 2015-Art.1.

La seconde décision émanant de votre institution présentée à la presse aura été le rôle et la place des médias communautaires et confessionnels dans la période électorale.

Monsieur le Président du CSC, dans le déroulé de l’ordre du jour, des prérogatives auront été portées à la connaissance des médias avec effet les 90 jours avant la période de la campagne électorale.

Toutefois une dérogation est faite dans des conditions définies concernant un certain nombre d’activités et d’institutions : cérémonies d’investiture, le Président du Faso, les membres du gouvernement…

Monsieur Mathias Tankoano, Président du CSC,

Nous avons tenu à l’entame de cette lettre ouverte à relater de façon concise les faits sur lesquels porteront une série de questions à votre endroit et notre présente analyse avec pour socle la mise en œuvre du code électoral en son Article 68 bis (Loi numéro 005-2015/CNT du 7 avril 2015-Art.1.) qui est libellé comme suit : «Est interdite quatre-vingt-dix jours avant l’ouverture de la campagne électorale, la couverture médiatique de toute campagne électorale déguisée.

Le cas échéant, toute personne ayant intérêt peut saisir le conseil supérieur de la communication (CSC) garant du principe d’égalité entre les parties en compétition.

Le cas échéant, toute personne ayant intérêt peut saisir le conseil supérieur de la communication (CSC) garant du principe d’égalité entre les parties en compétition».

Ces questions ci-dessus énumérées sont alimentées par notre étonnement de voir le CSC sous votre férule s’octroyer des pouvoirs de décisions qui ne sont pas inscrits dans le code électoral.

À notre entendement, la disposition du code électoral sur laquelle se base le CSC pour s’octroyer ces pouvoirs de  décisions en amont ne  confère en réalité à votre institution qu’un rôle d’arbitre en aval entre les parties en compétition. Dans la lettre de cette loi le CSC intervient dans le processus qu’une fois saisie par toute personne intéressée.

Aussi en 2015 sous la transition politique l’esprit qui avait animé le législateur en adoptant.  Cette loi était entre autre de mettre fin principalement aux inaugurations tous azimuts, considérées comme une forme de campagne électorale déguisée, conduits par les gouvernants et gouvernements d’antan à quelques mois des élections.

L’objectif visé était de garantir le principe d’égalité entre les parties en compétition. Nous ne croyons pas avoir vu parmi la liste d’actes énumérés par le CSC comme interdite une dynamique dans ce sens

Monsieur le Président du CSC,

Aux regards de tous les éléments que nous venons d’énoncer, nous restons convaincus que le CSC a outrepassé ses prérogatives en procédant à un abus de pouvoir suite aux décisions prises à l’endroit des médias à cette rencontre du 29 juillet 2020.

Dans l’espoir que cette lettre ouverte permettra  de susciter le début sur la question évoquée dans l’objectif contribuer au renforcement du jeu démocratique, veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Ouagadougou, le 03 août 2020

Ont signé

Ousmane SO

Convergence Citoyenne et Panafricaine (CCP)

Abraham BADOLO

Alliance pour la Défense de la Patrie (ADP)