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@Informateur.info- Depuis la chute de la maison Compaoré, le Burkina Faso est devenu la proie des djihadistes qui y font régulièrement le coup de feu et endeuillent de nombreuses familles. Paradoxalement, son successeur et ex-compagnon, Roch Marc Christian Kaboré (RMC) étale chaque jour un peu plus son incurie et son incapacité à juguler l’insécurité devenue une vraie plaie. Voici les 3 erreurs qu’il a commises.

Au Burkina Faso, l’on est sûr d’une chose : le pays n’est plus le même depuis la chute du ‘’beau’’ Blaise. Assurément, il y a un avant et un après Compaoré. De fait, la ‘’digue sécuritaire’’ qui assurait au pays sa stabilité, nolens volens, semble s’être rompue après le départ de l’ancien président. Puisque, depuis, le Burkina est devenu un sanctuaire des terroristes qui y opèrent sans retenue et sans gêne, causant de nombreuses pertes aussi bien au sein de l’appareil sécuritaire que parmi les populations civiles qui sont prises à partie.

La dernière attaque en date, la plus meurtrière, qui s’est déroulée le lundi 19 août 2019, a fait plus d’une vingtaine de morts (24)  parmi les militaires devenus des cibles de choix pour ces fous de Dieu qui défient le régime Kaboré depuis la prise de fonction de ce dernier. Justement, la responsabilité de l’ancien président de l’Assemblée nationale est engagée dans la crise sécuritaire que connait le pays. C’est le lieu de pointer les 3 erreurs qui ont conduit le Burkina dans ce bourbier dont nul ne voit ou n’entrevoit l’issue de sitôt.

La première et la plus ‘’impardonnable’’, c’est la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui faisait la fierté des Forces armées du ‘’Pays des Hommes Intègres’’. Ce corps d’élite de 1300 hommes aguerris et rompus aux arcanes de la chose militaire ont été ‘’nettoyés’’ le 25 septembre 2015 sous la transition parce qu’ils ont eu le malheur d’incarner l’ancien régime. Si cette dissolution à la “hussarde” n’est pas du fait de Roch Kaboré qui n’était pas encore aux affaires, il n’en demeure pas moins que les nouveaux maîtres du Faso ont contribué à effacer cette unité jusqu’aux ‘’reliques’’. Or, c’est connu, l’administration ou l’Etat, se caractérise par  la continuité.

A(relire) Lutte contre le terrorisme: Et si Roch et Blaise se parlaient?

Ainsi, au nom de suspicions de collusion supposées  avec  Blaise Compaoré, la transition a préféré se passer du RSP qui a été ‘’atomisé’’. Et pourtant, cette force d’élite qui était sollicitée par d’autres pays, notamment, le Niger, le Mali où elle se rendait utile, aurait pu servir de ‘’rempart’’  contre les terroristes. De plus,  que coûtait-il au nouvel homme fort du Faso de reconstituer le RSP, quitte à en changer la dénomination et le commandement? Cela pouvait se faire. Mais, RMC a préféré la solution du pire: pendre le temps de reconstruire une armée. Eh bien, il est en train de récolter le pire. ‘’Un mouton à courte queue se paie par un mouton à courte queue’’, dit un dicton.

La deuxième erreur de la nouvelle équipe, c’est d’avoir laissé intact le chantier de la réconciliation nationale, préalable indépassable au retour de la stabilité et de la paix. En effet, quel acte RMC et ses amis ont-ils posé pour convaincre leurs compatriotes de leur volonté de réconcilier les Burkinabè de tous les bords, sans exclusion et sans exclusive? Aucun !  C’est à désespérer.  Au rebours de cette dynamique vertueuse qui aurait pu rassembler les Burkinabè autour de la mère-patrie, à quoi assistons-nous? A des procès, à des tentatives de diabolisation des adversaires, etc. A la vérité, Roch Kaboré est dans une logique d’autisme qui ne fait guère avancer les choses.

La troisième et non la moindre, reste sans aucun doute, le refus de saisir la main tendue de son prédécesseur qui, dans un geste d’humilité et de patriotisme rare, s’est mis à la disposition de son ancien compagnon. Une offre qui est restée lettre morte, jusqu’à présent. Sans que l’on comprenne vraiment le bien-fondé, s’il y en a, de ce surprenant refus. Cependant, le bon sens aurait voulu que RMC s’attache les services de Blaise Compaoré afin que ce dernier ‘’éclaire sa voie’’ en lui donnant les ‘’secrets’’ qui lui ont permis de faire près de trois décennies au pouvoir sans jamais avoir affaire à des terroristes ou à des ‘’fouteurs de troubles’’.

A l’évidence, en ignorant volontairement les trois points susmentionnés, RMC se condamne lui-même à un cuisant échec face au défi sécuritaire qui reste la tache noire de sa gouvernance. Or, un État ne vaut que par deux choses, gages de son développement, ce sont la stabilité et la paix propitiatoires à tout.

Jean François FALL

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