Les députés du Parlement intérimaire du Burkina Faso ont voté jeudi 16 juillet à Ouagadougou la mise en accusation de l’ex-président Blaise Compaoré devant la Haute Cour de justice pour «haute trahison» et «attentat à la Constitution». Blaise Compaoré avait été renversé le 31 octobre dernier après une insurrection populaire consécutive à sa volonté de modifier la Constitution afin de pouvoir briguer un nouveau mandat.

Le CNT, le Parlement de transition, n’a pas fait dans la demi-mesure. L’ancien présidentBlaise Compaoré est accusé de haute trahison et d’attentat à la Constitution. Tous les membres de son dernier gouvernement, ceux qui étaient présents lors du Conseil des ministres du 21 octobre 2014, ont été accusés d’assassinat et de coups et blessures volontaires. C’est lors de ce Conseil des ministres que le projet de révision constitutionnelle, qui a mis le feu aux poudres, avait été adopté.

60 des 63 membres du CNT présents lors de la session du jeudi 16 juillet ont voté ces mises en accusation. Les députés représentant l’ancienne majorité n’avaient pas pris part au vote.Pour le président du CNT, Cheriff Sy, ces mises en accusation reposent sur la base d’enquêtes qui proviennent du parquet. Le dossier va donc être transmis via la Cour de cassation à la Haute Cour de justice, seule compétente pour juger les crimes et délits commis par un président et ses ministres dans l’exercice de leurs fonctions.

On ne sait pas encore si cette instance va confirmer les poursuites et si elle va ou non réclamer l’extradition du président Blaise Compaoré. Ce dernier vit en exil en Côte d’Ivoire. Il s’est envolé ce jeudi matin pour le Maroc afin d’y soigner une blessure au fémur consécutive à une chute.

RFI

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