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Informateur.info- A malin, malin et demi. En fin stratège Yacouba Isaac Zida s’est cru plus malin que ses anciens compagnons du régiment de sécurité présidentielle (RSP) en voulant anticiper sur un éventuel complot de ceux-ci contre sa personne. Pour se faire, l’ex-cerveau des renseignements généraux de ce régiment devenu par un jeu de tour le Premier ministre de la transition burkinabé (sous la base d’accords secrets) après avoir assuré pendant 21 jours la présidence du Faso, n’a pas trouvé mieux que d’utiliser certains de ses subalternes pour être ses grandes oreilles dans la caserne Naba Koom. Une telle disposition ne peut relever que de l’instinct de survie de quelqu’un qui redoute le RSP. Mais pourquoi redouter un corps auquel il  appartient et qui plus est de par sa position de Premier Ministre devrait être un réel atout. La réponse se trouve dans les accords secrets passés entre lui et ce régiment. Autant personne ne s’est étonné parmi les insurgés après la chute de compaoré que ce soit le commandant en seconde de sa garde présidentielle qui prenne les rênes du pays, autant ça saute aux yeux que Zida n’a pas pu être propulsé au devant de cette scène sans le soutien du RSP, notamment de Gilbert Diendéré qui a été pour beaucoup dans la mise en œuvre de cette stratégie. Savamment planifiée du reste.

Le peuple burkinabé manipulé

Quand Zida avait dû se refugier en février dernier chez l’empereur suprême des Mossé, l’alerte de la menace qu’il encourait s’il se rendait au palais de Kosyam ce jour-là lui avait été justement donnée par ses «grandes oreilles». Mais au-delà des questions de primes qui avaient été évoqués pour justifier la colère des fantassins ces derniers reprochaient sournoisement au Premier Ministre le fait de «manger» seul et de reléguer leurs urgences au second plan. Ceux-ci reprochaient également au PM de n’avoir plus jamais eu le temps pour eux. «Même pas une petite visite pour nous témoigner sa considération», nous avait confié un officier de cette unité d’élite burkinabé dans la foulée des remous. Toute chose qui laissait augurer déjà en février qu’au-delà des revendications qui sont avancées, ce qui se passe entre Zida et le RSP tient beaucoup plus à autre chose. Mais quand on fait un pacte avec le diable on est bien obligé d’en subir les conséquences tôt ou tard. La preuve que le PM Zida n’est pas conséquent avec lui-même, c’est bien lors de son dernier grand oral devant le conseil national de la transition (CNT) en début juin dernier où il a fait volte-face en plaidant pour que le RSP ne soit pas dissout. Une option qui lui a été suggérée avec instance par ses conseillers. Le lien que les Burkinabè n’ont pas fait, c’est que la position du Premier Ministre sur le RSP préparait en quelque sorte l’opinion publique burkinabé à accepter le rapport complaisant que la commission de réflexion sur la restructuration du RSP a élaboré.

Similarité de méthode

Pour en revenir au dernier grabuge qui a mis en scène le RSP, il faut indiquer que le Premier Ministre Yacouba Isaac Zida s’est inspiré du complot de 1989 qui a valu l’exécution de Henri Zongo et de Boukary Lingani. Remémorons-nous que ces deux valeureux officiers supérieurs de l’armée burkinabé avaient été eux aussi accusés de complot contre Blaise Compaoré au retour de ce dernier de Singapour. Mis aux arrêts, Henri Zongo et Boukary Lingani seront aussitôt exécutés sur la route de Pabré, à quelques encablures de Ouagadougou, sans procès. C’est que depuis sa prise de pouvoir Blaise Compaoré n’avait jamais eu confiance à ses compagnons d’armes. Comme c’est le cas aujourd’hui entre le PM Zida et ses anciens compagnons. Et la méthode demeure curieusement la même. Mais pourquoi c’est pendant que Zida se trouve en Taiwan que le RSP fomenterait son arrestation alors que ce corps d’élite peut bien le faire dans Ouagadougou en plein jour sans résistance militaire si l’on en croit sa supériorité en terme de capacité de frappe? Le montage est bien grotesque. La manœuvre de Zida est tout simplement digne de son ex-patron Blaise Compaoré. Mais pour son malheur il a en face de lui une machine qui l’a lui-même conçu et que quand bien même ce corps est aujourd’hui voué aux gémonies, il conserve des reflexes intacts pour ne pas se laisser diaboliser et présenter comme un épouvantail à abattre sans coup férir. A preuve si ce corps n’avait pas donné sa part d’explication sur le scénario de lundi dernier, l’on n’aurait pas pu cerner cette affaire de crépitement d’armes automatiques dans la caserne de Naba Koom.

Qui sont ceux qui ont tiré dans la caserne dans la soirée du lundi 29 juin 2015 ? Ce sont les hommes de ce régiment proche de Zida.  Mais pourquoi l’ont-ils fait ? Eux qui sont à l’origine des fausses informations sur le «vrai-faux » complot contre le chef de coprs du RSP. Evidemment que Zida est en train de créer une situation de pourrissement du RSP. Parce que cette parenthèse même si elle se résolvait, comme celle de février dernier, laissera des séquelles. Celles de la méfiance et de la prise de dispositions (secret défense) de part et d’autre. Une inimitié qui va  surprendre les burkinabè un matin. Car, comme l’analysait notre confrère www.investigateur.net  dans sa  publication du mardi 30 juin : « Une prise du pouvoir par le RSP au Burkina, pourrait être applaudie». Toutes les conditions étant en train d’être réunies pour cette éventualité.

Jean François Fall, informateur.info

 

 

 

 

 

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