PUBLICITE


@Informateur.info- Dans cette interview réalisée par notre confrère L’observateur Paalga, Bassolma Bazié fait le point de la marche-meeting du 16 septembre dernier, reprécise ses objectifs et commente la répression des forces de l’ordre par la Compagnie républicaine de sécurité (CRS).

Comment vous vous portez à l’issue de cette chaude journée où les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants?

Je me porte à merveille, et je me suis assez bien requinqué.

Y a-t-il des blessés ? Si oui combien sont-ils?

Il y a eu des blessés. Nous sommes en train de faire le point. Ceux qui ont été recensées ont été pris en charge, et nous attendons de faire le point exhaustif à la fin.

Pouvez-vous revenir succinctement sur le film des évènements?

C’est désolant. C’est une victoire pour nous d’autant plus que ceux qui sont au pouvoir viennent de montrer à la face du monde que c’est eux, pendant 27 ans, qui ont véritablement conduit l’ancien président Blaise Compaoré dans ce bourbier. Ils ont fini par le chasser dans les méandres de l’histoire pour revenir sur le fauteuil présidentiel. En esprit et en corps, ils n’ont changé ni dans le fond ni dans la forme. Ce sont les mêmes acteurs. Cela nous a permis d’avoir une preuve concrète pour les populations à l’endroit desquelles nous avons réaffirmé que Blaise Compaoré est parti, mais Compaoré Blaise est resté. C’est le même système qui demeure depuis 1983.

On sait que les autorités n’ont pas approuvé la tenue de cette marche. Est-ce qu’en bravant cette interdiction, vous ne vous mettez pas en porte-à-faux avec la loi régissant les manifestations publiques?

Cela indique clairement que nous avons des dirigeants qui n’ont aucunement un esprit républicain. Quand vous organisez une manifestation, il y a une note d’information qui est adressée aux autorités sur laquelle il est marqué le nom de 3 responsables avec leurs contacts. Si une manifestation est jugée illégale, il faut la laisser se dérouler et en interpeller les leaders après, mais je note que ni ceux qui à la tête ni ceux qui les conseillent n’ont le niveau, à plus forte raison les capacités de gouverner puisqu’ils nous ont montré qu’ils ne maîtrisent pas le contenu des textes. Je veux parler des secrétaires généraux, des gouverneurs, hauts commissaires et préfets. Nous ne sommes pas dans ce cadre. Tous ceux qui interviennent directement dans l’action gouvernementale, c’est 10 jours francs pour les autres corps et 5 jours francs pour les ouvriers. De ce point de vue, nous avons déposé un préavis qui couvrait ceux qui allaient en grève.

S’ils estiment qu’il faut forcément 15 jours francs, les prochaines fois, nous allons le respecter. Nous prendrons le soin d’inviter la presse à venir dénombrer combien de secrétaires généraux, de ministres, de hauts commissaires de gouverneurs nous allons retrouver au niveau des piquets de grève. De ce point de vue, la grève portant sur la loi 45-60 a été scrupuleusement respectée, et c’est légal.

Pour ce qui concerne la manifestation, il faut se référer à la loi 22 du 21 octobre 1997, précisément à ses articles 4, 7, et 10 qui disent qu’il faut en informer l’autorité à 3 jours francs ouvrables de la manifestation. Là aussi nous l’avons fait sur 14. Si on prend 14 divisé par 3, nous avons 4 fois respecté les conditions de cette loi. Les autorités par parachutage arrivent à des postes de responsabilité par les méandres de l’histoire, dans la promotion de la médiocrité et ne peuvent donc pas maîtriser les lois. Concernant ceux qui les représentent, il ne suffit pas de jouer les Django à travers les rues de la ville de Ouagadougou, en s’en prenant à des manifestants aux mains nues. Ceux qui ont les capacités sont invités à rejoindre les unités qui sont face aux terroristes. Ce n’est pas honorable que le responsable des unités spéciales se promène à travers Ouagadougou comme un brave homme. L’histoire retiendra qu’il n’en est qu’un piètre visage et il va en porter toutes les conséquences.

D’aucuns pensent qu’il y a des objectifs inavoués à travers cette marche. Quel commentaire en faites-vous ?

Est-ce que le fait de lutter pour qu’il y ait une dotation conséquente des forces de défense et de sécurité afin qu’elles tiennent face aux terroristes est inavoué ? En quoi demander que le pillage des ressources de l’Etat, tel l’exemple de charbon fin dans des wagons se promenant dans la nature, prenne fin est un objectif inavoué ? Est-ce que demander que cesse le chevauchement des années universitaires et scolaires est inavoué ? En quoi exiger qu’il y ait un fichier unique sur le foncier de sorte à mettre fin pour S’interroge Bassolma Bazié. C’est plutôt les personnes qui estiment que les revendications faites par les syndicats dont nous sommes les responsables qui ont des objectifs inavoués. Avoir des ambitions, c’est transformer le peuple burkinabè en un peuple orphelin, en herbe sauvage qu’on pourrait fouetter sans qu’il ait un répondant. Mais cette situation, dit-il, n’arrivera pas. Car le peuple burkinabè aura toujours des porte-parole aguerris, engagés et déterminés, ayant un esprit de sacrifice pour faire face à toute velléité de vouloir le réduire au méandre. Toutefois il faut constater à travers l’adoption du nouveau code pénal un moyen de réduire au silence les journalistes. C’est historiquement maladroit que ceux qui se considèrent comme des insurgés adoptent un tel code. De ce fait il nous appartient de nous assumer, car ce n’est pas du journalisme lorsqu’il est écrit que telle ou telle chose a été dite par RFI ou France24. Lire la suite sur

PUBLICITE


Articles connexes

Leave a comment