@Informateur.info- La déclaration du ministre de la Construction, jeudi dernier, sur le site Djibo Kamon n’a pas été du goût de la famille Codjovi, l’une des parties en conflit dans ce dossier. Dans une lettre ouverte dont nous avons reçu copie, Romuald Yao Codjovi, estime qu’en tant que membre du gouvernement, Bruno Koné aurait dû s’abstenir de commenter la décision du Conseil d’Etat alors que la grosse n’a pas encore été produite. Ci-dessous l’intégralité de la lettre ouverte.

Lettre ouverte à Monsieur Koné Nabagné Bruno,

Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme

Monsieur le Ministre,

Le jeudi 20  mai 2021, vous avez effectué un déplacement sur le site Djibo Kamon dans la commune de Port-Bouët où vous avez eu une rencontre avec des groupes de personnes dans le cadre du litige foncier qui oppose la famille Codjovi à des tiers. Non seulement la famille Codjovi à l’origine de la plainte qui a valu l’arrêt 74 du 29 mars 2017 annulant ledit lotissement par la Cour Suprême n’a pas été conviée à cette rencontre, mais vous avez surtout tenu des propos qui laissent penser que la justice a définitivement tranché sur la question.

A(re)lire Rebondissement judiciaire: Le Conseil d’Etat rétabli l’arrêté d’approbation du lotissement de Djibo Kamon

S’il semble de bon aloi que vous rassuriez les acquéreurs, monsieur le Ministre, vous devancez cependant par vos propos, l’iguane dans l’eau, alors même que la décision du Conseil d’Etat n’est pas encore manifeste à travers une grosse. Il aurait été bienséant, nous semble-t-il, et surtout à l’aune du droit qui doit primer en toute circonstance, que vous vous absteniez de tout commentaire tant que la notification de la grosse n’est pas produite. Ce d’autant que le litige foncier dont il est question oppose deux parties. Vous auriez dû, par respect pour les parties en conflit et en votre qualité de membre du gouvernement, vous abstenir de commenter cette décision.

A moins que l’intention réelle de votre sortie sur le site litigieux ait été de  narguer l’une des parties en conflit, il n’y avait ni urgence, ni nécessité dans la mesure où la décision du Conseil d’Etat n’est pas exécutoire dans l’absolu, encore moins impérieuse.

Fac similé de l’attestation de plumitif de la décision Conseil d’Etat

Et puisqu’on parle de la décision du Conseil d’Etat qui rétablirait l’arrêté d’approbation du lotissement du site Djibo Kamon, annulé quatre ans plus tôt par l’arrêt 74 du 29 mars 2017 de la Cour suprême, je voudrais m’étonner qu’un recours à tierce opposition ait pu produire un tel miracle. Nous n’avons pas fait le droit, mais il nous ait impossible de penser qu’un recours à tierce opposition, comme c’est le cas dans le présent dossier, puisse produire à la fois l’annulation d’une  décision de justice et donner lieu de nouveau à statuer.

Vous aurez certainement compris, Monsieur le Ministre, que la décision du Conseil d’Etat est susceptible de recours et que, ce faisant, nous attendons la contester. Elle ne saurait donc constituer de prime abord la décision définitive que vous vous êtes empressé d’annoncer le jeudi 20 mai 2021. Ouverte à des échanges sur la question avec votre département, la famille Codjovi vous assure, Monsieur le ministre,  de son entière disponibilité. Et vous prie de croire en l’assurance de sa haute considération.

Avec nos amitiés

Fait à Abidjan le samedi 22 mai 2021

Romuald Yao Codjovi

Représentant la famille Codjovi