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Une délégation de la Confédération des organisations de victimes des crises ivoiriennes (Covici) composée de Kanté Lassina et Toé Seydou, respectivement , 1er et 2ème vice-présidents, a été reçue, ce jeudi 05 avril 2018, à la Médiature de la République, par Mme Clarisse Konan , Chef de cabinet du Médiateur.

Cette rencontre qui fait suite à la lettre ouverte adressée par la faîtière des organisations des victimes au Chef de l’Etat, a permis aux représentants de la structure de faire le point de leurs préoccupations à la Chef de cabinet de la Médiature qui les a reçus. Le vice-président Kanté Lassina a surtout mis l’accent sur les difficultés rencontrées par les victimes en attente de dédommagements. Il a également mis en lumière le racket dont sont victimes de nombreux ayants-droit qui voient le montant de leur allocation (1000000FCFA) ponctionné par des personnes peu scrupuleuses qui constituent aujourd’hui une véritable mafia qui sévit au nez et à la barbe des autorités. En toute impunité. « Nous déplorons la misère faite aux victimes par des personnes dénuées de tous scrupules qui soumettent les ayants-droit à un intolérable racket. D’ailleurs, nous dénonçons avec la plus vive indignation la lenteur du processus de réparation. D’autant que pour la Covici, la réparation est la clé de voûte de la réconciliation. Comment voulez-vous que des gens qui, pour la plupart, ont tout perdu ou presque, pardonnent, si l’Etat ne fait pas un geste de compensation à leur égard ? Certes, l’argent perçu ne compensera jamais la perte de celui qui est décédé ou même les biens perdus, mais c’est un geste symbolique qui montre l’intérêt que l’Etat porte aux victimes et ayants-droit et qui peut faire baisser la tension. D’où son importance, indépendamment de son montant », a plaidé Kanté Lassina. Quant à Toé Seydou, l’autre vice-président, il a dit que la Covici n’a pas de problèmes particuliers avec la tutelle, cependant, il déplore que celle-ci tarde, jusqu’à présent, à afficher la liste des personnes dédommagées estimées à 4500. «La Covici voudrait que le ministère affiche la liste des 4500 personnes dédommagées. Ce serait non seulement une preuve de transparence, mais les organisations de défense des victimes qui ne sont pas toujours informées seront situées. Cet affichage peut se faire dans les communes, les sous-préfectures et préfectures du pays », a-t-il suggéré. Les deux représentants de la Covici ont dit avoir conscience de la nécessité de préserver la paix sociale. C’est d’ailleurs pourquoi, ont-ils poursuivi, la Covici a décidé de servir de ‘’garde-fou’’ en calmant les victimes exaspérées par les difficultés rencontrées au quotidien pour assurer leur survie. Les délégataires de la faîtière des structures de défense des droits des victimes, ont réaffirmé la volonté du Conseil d’administration de la Covici de maintenir la manifestation du 11 avril 2018 programmée de longue date.
Intervenant à son tour, Mme Clarisse Konan, Chef de cabinet de la Médiature, a dit avoir pris bonne note des points soulevés par ses hôtes, avant de leur prodiguer des conseils les invitant à privilégier le dialogue pour aplanir les incompréhensions et lever les équivoques avec la tutelle. Elle a promis de remonter l’information à ‘’qui de droit’’. «J’ai pris bonne note de vos préoccupations et suggestions. Je me ferai un devoir d’en rendre fidèlement compte à mes mandants. Cependant, je vous conseille d’user du dialogue avec la tutelle. La situation du pays est encore fragile», a-t-elle conclu.

Tassigny Auriol

 

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