Sankara Inoussa, SG du MPP-CI

Investigateur.net- Ce 10 mai 2016, marque le deuxième anniversaire de la naissance de la section ivoirienne du mouvement du peuple pour le progrès (MPP-CI). Un anniversaire sur fond de crise ouverte. En effet, le weekend dernier, le foyer des jeunes de la commune d’Attécoubé dans le district d’Abidjan a symbolisé, le rejet de Sankara Inoussa par les coordonnateurs et les membres influents de la section du Mouvement du peuple pour le progrès en Côte d’Ivoire, comme Secrétaire Général. Le choix de la commune d’Attécoubé n’est pas fortuit. C’est une commune cosmopolite où vit une forte communauté des ressortissants de la sous-région, notamment les Burkinabè. Tout comme Attécoubé, Treichville où s’est tenue le 10 mai 2014 l’assemblée générale constitutive du MPP-CI, est une commune cosmopolitique. On dit de cette commune d’ailleurs qu’elle est une Cedeao en miniature puisque toutes les communautés de la sous-région y vivent. Ces deux communes feront désormais parties de l’histoire du MPP-Côte d’Ivoire. L’une aura consacré l’avènement du parti de Roch Marc Christian Kaboré en Côte d’Ivoire et l’autre la rectification, du moins le redressement du bureau.

C’est donc à Attécoubé que les coordonnateurs et les membres influents du MPP-CI ont choisi pour mettre fin à ce qu’ils ont eux-mêmes qualifié «d’usurpation» de titre de SG par un certain Sankara Inoussa. Naturellement la question que tout le monde se pose, à juste titre d’ailleurs, c’est pourquoi avoir attendu deux ans pour décrier et dénoncer l’usurpateur. A cette interrogation, les coordonnateurs disent avoir eu le souci de la préservation de la bonne image du parti au moment où Roch Marc Christian Kaboré était candidat à la présidentielle. « Nous nous sommes abstenus d’ouvrir ce débat parce que le MPP était en quête du pouvoir à Ouagadougou. Quand bien même nous n’avons pas voté ici, nous avons pensé que si nous ouvrons ce débat cela aurait pu impacter négativement l’image du parti. Aujourd’hui le président Roch est au pouvoir et le challenge c’est la prochaine présidentielle à laquelle les burkinabè de l’extérieur vont pouvoir voter. Il n’est donc pas question que nous allions vers ces enjeux avec un bureau que nous n’approuvons pas », a réagi Daouda Traoré, le doyen d’âge des membres influents du parti du président burkinabè en Côte d’Ivoire. Daouda Traoré n’est pas n’importe qui au sein de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. C’est un homme d’expérience, bien instruit et ayant un parcours que peuvent témoigner tous les sages de la communauté.

– Que va faire Sankara Inoussa ? 

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si de manière unanime, le 10 mai 2014, au cours de l’Assemblée générale constitutive, il a été choisi pour assurer la coordination provisoire de la section en Côte d’Ivoire. Mais sans que lui-même ne comprenne quelque chose à ce qui lui arrive, Sankara Inoussa, sort de nulle part et s’autoproclame Secrétaire Général du parti. Les résolutions de l’AG constitutive sont alors mises sous l’éteignoir. «La raison est qu’un groupe d’individus a confisqué notre section et empêché son bon fonctionnement. C’est le lieu pour nous de rétablir la vérité et de demander l’application pure et simple des résolutions de l’Assemblée générale du 10 Mai 2014, gage d’une implantation nationale de notre parti en terre éburnéenne », a expliqué le doyen Daouda Traoré. Les coordonnateurs nationaux et les membres influents du parti de Roch en Côte d’Ivoire n’ont, sans doute pas, voulu dénoncer maintenant sur la place publique la gestion clanique et occulte de Sankara Inoussa. Se contentant pour l’instant de demander seulement l’application des résolutions de l’AG et en affichant clairement leur rejet de Sankara.

Du côté du SG déchu on ne s’avoue pas vaincu pour autant. Mais à quelle bouée de secours va-t-il s’accrocher ? Selon certaines indiscrétions ses conseillers en communication lui suggèrent présentement d’organiser un grand meeting pour répondre à ses détracteurs dans les jours à venir. Un meeting, disent-ils, où la presse internationale sera invitée. Un moyen pour eux de soutirer ce qu’ils peuvent encore racler des poches de leur SG contesté. Mais l’arbre ne saurait cacher la forêt. Sankara Inoussa va-t-il le faire au risque de voir être déballés sur la place publique par ses adversaires des sujets qui devraient rester cachés ? Une chose est sûre, les coordonnateurs nationaux et les membres influents du parti ont franchi un premier pas. Un pas qui doit interpeller la direction de ce parti à Ouaga avant que les choses ne prennent une autre tournure. 2020 c’est déjà demain. Si le MPP-CI veut avoir pion sur rue, comme le CDP l’a été un moment sous compaoré en Côte d’Ivoire, c’est maintenant qu’il doit se doter de responsables convaincus qui fédèrent, plutôt que des groupuscules  en mal de publicité qui s’accaparent d’un bien commun dans l’optique d’en faire un business. La crise est ouverte !

Source: Investigateur.net