Informateur.info-Abidjan- A l’ occasion de la dédicace de son 3éme ouvrage intitulé «Portée Mystique» Suivi de «Processus Exclusif» qui marque les cent jours de la transition au Burkina Faso, Alexandre Lebel Ilboudo journaliste écrivain a prononcé un discours engagé qui a été très ovationné que nous vous proposons en lecture.
Mesdames et Messieurs
Distingués invités, en vos rangs, grades et qualités
Chers confrères Journalistes et Écrivains???????????????????????????????
Je voudrais vous dire merci du fond du cœur pour avoir pris un peu de votre temps pour venir me témoigner votre amitié et au-delà de ma personne votre intérêt pour le livre. Soyez en infiniment remercier.
L’ouvrage qui nous réunis ce matin est une mise en exergue de la vie communautaire des Burkinabè en Côte d’Ivoire, la plus forte dit-on, mais aussi l’expression d’une frustration entretenue depuis bien longtemps par les différents gouvernants qui se sont succédé à la tête du Burkina Faso vis-à-vis de cette communauté.
Au moment où la sempiternelle question du vote des Burkinabè de l’Extérieur est au cœur des débats et oppose ce que j’appelle l’intérieur à l’extérieur, il était, me semble t-il, de mon devoir d’écrivain de prendre position. Mais bien plus qu’une prise de position, ce livre pour moi se présente comme un avertissement lancé aux autorités politiques burkinabè sur les éventuelles conséquences des choix politiques qui ne tiennent pas compte des aspirations de plusieurs millions de leurs concitoyens.
Je voudrais rappeler que l’histoire du droit de vote des Burkinabè de l’Extérieur n’a pas été un long fleuve tranquille mais une marche difficile. Avant que ce droit ne soit inscrit noir sur blanc dans la constitution Burkinabé en 2009, c’était l’opposition burkinabé et la société civile qui le défendaient. Ensuite, quand l’ex-régime a accédé enfin à ce droit, c’est maintenant l’opposition qui estime que ce n’est pas clair et que l’ex-pouvoir avait des intentions voilées. Aujourd’hui que nous sommes à l’heure de sa mise en œuvre, c’est plutôt à une remise en cause que l’on assiste.
Mais dans ce jeu d’intérêts mesquins des uns et des autres, ce sont des millions de Burkinabè qui sont dans l’expectative, pris en otage. Et des alibis politiques ne cessent d’être avancés pour justifier la mise à l’écart d’une diaspora qui contribue pour près de 70 milliards FCFA par an au développement du pays. Le rôle de la diaspora burkinabé dans le rayonnement de l’image de notre pays est incomparable. Le savoir et l’expérience qu’elle acquiert dans les pays d’accueil, est un puisant levier de progrès pour le Burkina Faso.
Il y a un adage africain qui dit qu’on ne montre pas son village avec sa main gauche. Mais que faire si le chef du village, entouré de ses notables d’un côté et de l’autre les prétendants au trône, s’accordent curieusement pour vous renier vos droit fondamentaux ?Comment expliquer qu’au 21é siècle des citoyens n’aient pas encore droit au vote dans des pays qui poursuivent l’émergence ? Comment expliquer qu’un droit constitutionnel par ailleurs confirmé et imposé par l’article 22 de la charte de la transition librement conçue et adoptée pour servir de boussole fasse l’objet d’une remise en cause à mi-chemin ? Comment peut-on avancer des questions d’ordre financier et technique pour se soustraire à une obligation de souveraineté alors que ces difficultés évoquées sont bien surmontables avec juste un peu de volonté? Pourquoi ne devrait-on intégrer la diaspora que quand il s’agit de mettre la main à la poche et lui refuse t- on sa participation au choix des dirigeants politiques ? Voici la trame de mon livre qui, du moment où il est publié ne m’appartient plus mais aux lecteurs. A chacun d’en tirer le meilleur.
Chers invités, chers amis
Les Burkinabè de l’Etranger se sont toujours sentis délaissés par l’administration de leur pays d’origine. Sans le professer, ils sont considérés comme des citoyens à part. L’injustice est pourtant source de frustration, d’intolérance, et de violence. N’ayons pas peur des mots, à vouloir faire plaisir aux hommes politiques, sur ce qui est des devoirs et des obligations des uns et des autres. Le grand nombre des Burkinabè de l’Extérieur devrait être une force, un atout pour le Burkina Faso et non un problème. Mais je voudrais aussi préciser que la famille tout comme la patrie n’est pas forcement celle que la naissance impose. On peut aussi la choisir.
Je voudrais terminer en lançant un appel à la diaspora burkinabé du monde. Je serai bientôt au Burkina Faso, au Ghana, au Mali, au Sénégal et en France pour tenir ce même discours. Prenons garde, déjà que nous sommes les derniers au monde à ne pas jouir du droit de vote, ils vont jouer sur nos divisions afin de nous maintenir encore longtemps, du moins tant qu’ils le voudront, dans cette situation. C’est notre existence même en tant que citoyen qui est remis en cause. Et un vrai Burkinabé, héritier de la gloire des luttes héroïques livrées par ses ancêtres ne saurait accepter pareil diktat. C’était mon cri du cœur.
Je vous remercie
Discours tenu lors de la dédicace du 24 février 2015

Qui est Alexandre Lebel Ilboudo ?

Né le 22 avril 1978 à Marcory, Alexandre Lebel Ilboudo est un journaliste talentueux. Titulaire d’un diplôme d’Etudes supérieures en Communication, il est aussi ingénieur des techniques commerciales. Il justifie également d’un certificat de qualification de compétence en veille stratégique, d’un certificat de qualification de compétence en investigation et d’un certificat de qualification de compétence en communication institutionnelle.
Pour rappel, c’est en 2000 qu’il entame sa carrière journalistique au Quotidien Le Populaire Nouvelle Formule, dirigé à l’époque par M. Raphaël Lapké, présentement Président du Conseil National de la Presse. Son parcours le conduira successivement au Quotidien Le Jour, devenu plus tard le Jour Plus, au quotidien Le Front de l’ex-Ministre Louis André Dacoury Tabley, ex-Numero 2 des Forces Nouvelles, puis au Quotidien Le Patriote du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko où il occupe l’honorable fonction de Grand Reporter depuis 2008.
En 2010, il honore la presse ivoirienne et toute la Cote d’Ivoire par ses immenses qualités. On se souvient qu’il a brillamment remporté le prix CNN du meilleur journaliste africain d’expression française dans la catégorie Presse écrite.
En effet, c’est le 29 mai 2010 à Kampala, dans la capitale Ougandaise que le jury du prix le plus prestigieux en journalisme du continent africain, et ses pairs du monde entier lui on reconnu ses talents. A près que leur choix se soit porté sur les productions qu’il a soumis à ce concours parmi 975 candidats issus de 40 pays de l’Afrique.
Ce prix lui a valu les félicitations d’éminentes personnalités, dont le président Alassane Ouattara, l’ex-ministre de la communication Ibrahim Sy Savané, le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko à qui le lauréat avait d’ailleurs dédié son prix, et les hommages de la chancellerie burkinabé en Côte d’Ivoire.
LEBEL est assurément un modèle et un exemple pour sa génération. Je voudrais faire remarquer que depuis 5 ans qu’il détient le titre de champion africain pour le compte de la Côte d’Ivoire, il n’a pas encore été détrôné par ses collègues. C’est bon de le préciser pour dire que ce n’est pas donné aussi facilement de se hisser à ce niveau de reconnaissance continentale. Puisse sa modestie en souffrir.
Le Prix CNN, loin d’être la fierté exclusive de la presse ivoirienne, revalorise la communauté dont il est issu, la communauté burkinabè à qui il a offert, par cette distinction, une fière chandelle.
En janvier 2012, il publie son premier livre intitulé «INSURRECTION» qui se résume en un tableau synoptique de la crise ivoirienne. La dédicace de l’ouvrage est naturellement parrainée par le Ministre Hamed Bakayoko et co-parrainé par le Ministre Jean Louis Billon, alors PCA de la Sifca.
En avril 2014, interpellé par la situation socio-politique au Burkina Faso, Alexandre Lebel Ilboudo sort «Blaise Compaoré à la Croisée des chemins», un livre dans lequel il exhorte l’ex-président Burkinabé à se retirer du pouvoir pour préserver la paix sociale et les acquis dans son pays. La suite de l’histoire, tout le monde le sait.
Dans le même ouvrage, il interpelle également le Président Alassane Ouattara sur les attentes de ses militants vis-à-vis de lui. Les observateurs ont perçu à travers ce deuxième ouvrage le courage de l’Auteur qui aborde sereinement et sans tapage des sujets qui fâchent.
Aujourd’hui encore, Alexandre Lebel Ilboudo revient dans un ouvrage critique sur un sujet d’actualité qui fait débat au Burkina Faso et dans la diaspora Burkinabé.
A travers « Portée Mystique, suivi de Processus Exclusif » pour lequel nous sommes réunis ici ce matin, l’Auteur prend une fois encore position contre ce qu’il qualifie «d’exclusion frustrante», allusion faite au droit de vote de la communauté burkinabé dont il se présente comme un farouche défenseur de la cause.
Par Jean Tapsoba, Animateur