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@Informateur.info- «Celui qui a tué son tuteur Yacouba n’est pas un Burkinabè. Ce n’est pas un ressortissant Burkinabè qui est à l’origine de cette crise survenue le 24 février 2020 à Kabakouma. La bagarre qui s’est soldée par mort d’homme a opposé un lobi originaire de Bouna à un autochtone Yacouba. Le lobi s’est ensuite pendu», a tenu à préciser M. Zié Jean- Marie, délégué au Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Etranger (CSBE) de Man, relai de la Représentation diplomatique et consulaire Burkinabè en Côte d’Ivoire à l’intérieur, joint par téléphone par Informateur.info.

Contrairement donc aux premières informations très vite répandues et selon lesquelles la rixe qui a éclaté dans la nuit du lundi 24 février dernier dans la localité de Kabakouma, ville située à sept km de Biankouma, a opposé un autochtone Yacouba à un Burkinabè, il s’agit plutôt d’un allogène lobi si l’on en croit les responsables locaux de la communauté burkinabè de la région qui ont procédé aux vérifications et recoupement.

«Le lobi et son tuteur Yacouba ont eu un différend à propos du partage d’une plantation. Après ce drame, les villageois ont lancé la chasse aux Burkinabè parce que les gens ont dit que c’était un Burkinabè. Mais il n’y a pas que les Burkinabè, même les allogènes ont été chassés», explique M. Toé Saïdou, délégué Consulaire burkinabè à Biankouma. Et de poursuivre : «Il y avait au total 25 personnes qui ont trouvé refuge au commissariat de Biankouma. Sur ce nombre une quinzaine sont des lobis, donc des Ivoiriens. Les autres ont fui dans les villages environnants. Parmi les personnes qui sont au commissariat se trouve le chef lobi de Kabakouma. Il se trouve qu’il a été le témoin du partage de la plantation qui est à l’origine de la crise».

  • Les Burkinabè sont accusés à tort

Selon le délégué consulaire de Biankouma les forces de l’ordre ont pu ramener le calme dans le village. «Mais un Burkinabè qui ignorait la situation qui prévalait dans le village a été lynché alors qu’il se rendait à Blagoin. Ce dernier s’appelle Barry Issa. Nous essayons depuis hier de retrouver son corps. La famille dit que quand elle était sans nouvelle de lui, elle a appelé sur son téléphone et quelqu’un a décroché pour dire qu’il a été tué et que son corps est au village.  Nous avons saisi le préfet et les forces de l’ordre pour que le corps soit ramené à Biankouma pour être inhumé», rapporte M. Toé Saïdou. Selon ce dernier si le corps de Barry Issa venait à être récupéré (donc confirmé) cela porterait à 3 le nombre de morts dont il a connaissance.

En effet depuis l’annonce de l’information erronée mettant en cause un ressortissant du pays des Hommes intègres, les commentaires les plus désobligeants s’abattent sur les Burkinabè à qui une certaine opinion voudrait tenir pour responsables de cette énième crise communautaire. Ce qui est susceptible de remettre en cause la cohésion sociale déjà très fragile par endroit.

Avant d’accuser, et de repandre des informations qui sont de nature à livrer une communauté à la vindicte populaire, il est bon de disposer de la bonne information.

Toujours est-il que la Représentation diplomatique et consulaire Burkinabè en Côte d’Ivoire qui suit de très près ce dossier réagira incessamment.

Jean François FALL