@Informateur.info- Les nouveaux bacheliers orientés dans les grandes écoles privées du pays sont situés sur les différents lieux du savoir où ils vont entamer leurs études supérieures. Les résultats des orientations sont, en effet, tombés l’après-midi du mercredi 20 novembre 2019. Mais, la nouvelle est loin de faire des heureux dans le milieu des fondateurs des établissements en lice pour les accueillir. Elle y fait plutôt grincer des dents et autour du dossier, l’on est en passe d’assister à une grosse bagarre entre des promoteurs d’écoles supérieures privées et le ministre de tutelle. A savoir Mabri Toikeusse Abdallah.

Frustration, grosse colère…, sont, en effet, autant de sentiments que plusieurs responsables de grandes écoles n’ont pu contenir. En cause, des orientations qui n’auraient pas respecté le critère d’équité. Le constat relevé par des mécontents est que certains acteurs du milieu, pourtant bénéficiaires nouvellement d’agrément obtenu en moins d’un an en général, se sont vu donner la grosse part du ‘’gâteau’’. Disons des affectés. Ainsi, des écoles supérieures qui ont eu à 2 semaines de la publication de la liste des orientés de l’Etat, se retrouvent avec des effectifs allant de 400 à 600 étudiants. Pendant ce temps, des écoles bien connues pour leurs résultats, leurs anciennetés et leur crédibilité dont le groupe Adama Sanago d’Abobo n’atteignent même pas la barre de 100 affectés. «Mabri (actuel ministre en charge de l’Enseignement supérieur, ndlr) a récompensé les néo-fondateurs», fulminent des mécontents.

  • Entre 400 à 600 étudiants affectés dans de nouveaux établissements

Cas flagrants iniquité. Dans cette affaire, qui pue le copinage, le favoritisme politique, les fondateurs sur le pied de guerre s’en prennent directement au ministère de tutelle dont des proches de son parti bénéficient de faveurs non méritées. Pour preuve, à en croire nos interlocuteurs, une école située aux 2 Plateaux dans la commune de Cocody dont l’agrément a été signé courant 3 novembre dernier, a reçu un total de 600 étudiants. «L’école a certes un local. Mais, c’est maintenant que le promoteur, un proche du ministre Mabri, va le mettre aux normes pour donner le savoir aux jeunes. Pendant ce temps, des écoles bien connues, les plus chanceuses si je puis m’exprimer ainsi, ont reçu moins de 100 étudiants. Voyez le cas d’Adama Sanogo. Pour tous les cycles de formation de cette grande école, c’est seulement 60 étudiants qui ont été affectés», récriminent les fondateurs lésés relevant que certains des leurs n’ont vu orienter chez eux aucun nouveau bachelier.

«Il y a une autre école dont le promoteur est également un homme du sérail du ministre. Lui, à la différence de celui qui a eu 600 orientés, n’a même pas de local. Pourtant, il a eu 400 affectés. Cet après-midi même, il est allé précipitamment voir un fondateur d’écoles secondaires à Abobo qui a un local pour lui demander de le lui louer afin de recevoir les 400 étudiants qui ont été affectés dans sa grande école sur papier. Quel sacrilège!», s’emporte l’un des fondateurs qui lui, n’a reçu aucun affecté de l’Etat, estimant que «tous les critères ont été royalement foulés aux pieds pour faire le jeu du copinage politique. C’est flagrant et c’est grave!».

Notons que pour mettre fin au ‘’détournement’’ des affectés de l’Etat d’une grande école par une autre, le ministère fait payer la subvention pour la première année dans l’école où l’étudiant a été orienté. Si l’affecté lui-même s’oriente dans une autre école, celle-ci le formera à ses dépens. C’est seulement pour la deuxième année que l’école du choix de l’affecté de l’Etat pourrait percevoir la subvention. Ainsi, avec des effectifs d’orientés allant de 400 à 600 nouveaux bacheliers, les fondateurs bénéficiaires jubilent. Pendant ce temps, ceux qui affichent zéro étudiant pour les uns et entre 40 à 80 pour les autres, grognent.

Réactions. Joint au téléphone, un membre influent du cabinet du ministre Mabri Toikeusse rejette toute idée de copinage. «Ceux qui font le travail, ne statuent pas sur la base de liens politiques allégués ou avérés avec le ministre. Il y a des critères objectifs. Ce dossier ne fait pas partie de pouvoir discrétionnaire du ministre. Il y a une commission qui siège et le Cabinet n’intervient pas dans ce dossier. La commission est autonome», fait admettre notre interlocuteur, conseillant aux «soi-disant omis, exclus ou lésés, d’améliorer leur cadre d’études pour attirer les étudiants du privé au lieu de voir dans les affectations une récompense de fondateurs proches du ministre qui n’est que commérages».

Dalima DAHOUE