@Informateur. info- A la faveur d’une cérémonie de remise d’équipements, jeudi, à une direction générale de son département, le Secrétaire d’Etat auprès du ministère des Transports chargé des Affaires maritimes, Philippe Légré a annoncé l’interpellation par ses services de ‘’18 Italiens rentrés frauduleusement’’ sur le territoire ivoirien. Une information, abondamment, relayée par de nombreux  sites d’information et les réseaux sociaux, mais démentie, ce vendredi, par l’Ambassadeur de l’Union européenne (UE) à Abidjan, Jobst Von Kirchmann.
 
Selon le diplomate européen, les présumés italiens sont, en réalité, des campeurs de nationalité française, britannique, hollandaise, brésilienne et allemande, arrivés ‘’en toute tranquillité’’ sur le sol ivoirien plusieurs semaines avant les mesures de confinement. Il a ajouté que ‘’le ministre de l’Intérieur, Sidiki Diakité connaît bien le dossier’’. Ce qui veut dire que le membre du gouvernement, Philippe Légré, a servi un canular ou s’est fendu d’un Fake-news pour faire TIC ou encore, il a divulgué ‘’de fausses informations’’.
 
En désavouant, publiquement, le Secrétaire d’Etat Philippe Légré, l’Ambassadeur Von Kirchamann, vient d’ouvrir la boîte de Pandore. Aux bords de la lagune Ebrié, la divulgation de fausses nouvelles constitue un délit, passible de peines. Le Député Alain Lobognon (encore lui, décidément !)) en sait quelque chose. Malgré l’immunité parlementaire qui le couvre, il a été condamné le  mardi 29 janvier 2019, à un an ferme de prison et 300 000 francs d’amende pour ‘’flagrant délit de divulgation de fausses nouvelles’’, selon le Procureur de la République.
 
A l’origine, un tweet du parlementaire publié le 8 janvier 2019, alertait l’arrestation imminente d’un autre député (Ehouo Jacques) qui aurait été ‘’ordonnée’’ par Richard Adou, le procureur de la République du tribunal d’Abidjan-Plateau.
 
Le 11 janvier,  le procureur de la République dément le tweet, dans une conférence de presse: ‘’Cette fausse nouvelle, abondamment reprise par les internautes et plusieurs organes de presse en ligne, a créé l’émoi et engendré des manifestations, des sit-in et autres appels à la violence, heureusement jugulés par les forces de l’ordre déployées dans les artères de la ville d’Abidjan’’, dénonce M. Adou qui va instruire ‘’la section recherche de la gendarmerie nationale à l’effet de rechercher l’intéressé, de l’appréhender et de le conduire devant mon parquet pour être poursuivi par la loi, pour des faits de flagrants délits, de divulgations de fausses nouvelles et d’incitation à la violence, prévus et punis dans le code pénal’’.
 
La suite ? Alain Lobognon écope d’une peine d’un an de prison ferme et de 300 000 FCFA d’amende en vertu des articles 62, 65, 179 et 392 du Code Pénal punissant les Fake news et toutes les publications ou informations mettant en danger la vie d’autres personnes ou de nature à troubler l’ordre public, justifie, alors, le procureur de la République. Il sera libéré à la mi-février au terme d’un procès en appel.
 
Le Secrétaire d’Etat Philippe Légré, auteur d’une ‘’fausse information’’ subira-t-il la rigueur de la loi ? A priori, oui. Car, la loi est impersonnelle, dit-on. Il n’y a pas de raison que ce qui a été, hier, ne le soit aujourd’hui.  Les regards sont tournés vers le procureur de la République. Car, les propos du membre du gouvernement pouvaient créer des troubles mettant en danger la vie d’autres personnes.
 
Geneviève MADINA