Ablassé Ouédraogo, ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères, a été officiellement investi dimanche comme candidat de son parti Le Faso autrement à l’élection présidentielle. Sûr de ses atouts, il est convaincu qu’il peut créer la surprise face aux favoris annoncés : Roch Marc Christian Kaboré et Zéphirin Diabré.

Jeune Afrique : Pourquoi êtes-vous candidat à l’élection présidentielle burkinabè, prévue le 11 octobre prochain ?

Ablassé Ouédraogo : Je me porte candidat parce que je suis un Burkinabè avec plusieurs atouts pour mon pays. Je suis fils de paysan. Comme vous le savez, 80% de la population vit dans le monde rural. Je connais mieux que quiconque les difficultés et les réalités quotidiennes de ces personnes. Au niveau international, j’ai une expérience, des capacités et un réseau qui me permettent d’apporter un plus au processus de développement de mon pays. J’ai longtemps été fonctionnaires des Nations unies et connais toutes les facettes du financement du développement. À 62 ans, je suis considéré comme quelqu’un qui a fini sa carrière professionnelle. Le moment est venu pour moi de me consacrer à mon peuple et à mon pays.

Quelles sont vos chances d’accéder au palais de Kosyam ?

Il n’y a pas de candidat sortant et toutes les candidatures sont portées par de nouvelles personnalités qui se lancent dans la conquête du pouvoir. J’ai toutes mes chances de devancer, au soir du 11 octobre, mes concurrents à cette présidentielle. J’ai trois atouts principaux. Je suis Moagha du plateau central, et les Mossis sont une forte composante du Burkina Faso. Je suis aussi musulman, ce qui n’est pas rien dans un pays où 70% des gens le sont également. Enfin, comme je vous l’ai dit, j’ai un vaste réseau de relations utiles dans le cadre de la diplomatie de développement que nous souhaitons mettre en place.

Votre parti, Le Faso autrement, a-t-il les capacités de faire face aux «grosses» machines partisanes de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré ou du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) de Roch Marc Christian Kaboré ?

Bien qu’il soit un parti « jeune », Le Faso autrement est implanté dans les 45 provinces de notre pays, et dans plus de 300 communes sur 368. Nous sommes donc dans les mêmes dispositions que le MPP et l’UPC. Depuis 2012, nous menons une campagne de proximité pour faire connaître notre parti et le rendre accessible à tous. Nous avons encore du travail de consolidation à faire, mais Le Faso autrement est bel et bien connu et soutenu. Nous n’arrêtons pas de recevoir des demandes d’adhésion des quatre coins du Burkina Faso. Je n’ai aucune inquiétude quant à nos forces face aux partis concurrents. Le pouvoir ne peut pas se conquérir tout seul au Burkina Faso.

Quels sont vos principaux adversaires pour la présidentielle ?

Difficile de le dire pour l’instant. Ce que nous savons, c’est qu’il y a aujourd’hui cinq candidats déclarés et investis par leurs partis. Il en manque évidemment plusieurs, comme Zéphirin Diabré de l’UPC, Roch Marc Christian Kaboré du MPP, et des candidats de l’ex-majorité qui ne sont pas encore annoncés. Il y aura aussi peut-être des candidatures à titre individuel.

Sources : Jeune Afrique