@Informateur.info- Les bouchers chevillards de l’abattoir de Port-Bouët en grève depuis 10 jours contre l’entrée en vigueur de la nouvelle tarification du coût de l’abattage ont été reçus, ce jeudi 30 mai 2019, à leur demande par le président de la Confédération de la filière bétail viande. D’entrée de jeu, Issaka Sawadogo a indiqué que le vivre-ensemble implique que quand il y a un problème, l’on s’asseye autour d’une table pour s’écouter, discuter afin de trouver une solution. «Je suis donc venu ce matin pour vous écouter. Mais je ne suis pas seul comme vous le constatez je suis entouré des membres du bureau de la Confédération», a-t-il introduit. Avant de donner la parole aux responsables des bouchers.

Selon Rasmané Zoungrana, la seule chose qui oppose aujourd’hui les bouchers à l’administration de l’abattoir c’est la nouvelle tarification de l’abattage qui passe de 3000 à 22.000 FCFA. «Nous ne pouvons pas accepter cette tarification sans que cela n’ait une incidence sur le prix du Kg de la viande qui va augmenter. C’est pourquoi nous avons proposé de payer 5.000 CFA», a-t-il expliqué. Et de poursuivre : «Nous avons entendu dire que les 22.000 FCFA correspondent à un cumul de frais annexes de l’abattage je voudrais prendre à témoin tous les bouchers présents ici pour dire qu’en dehors des 3.000 CFA pour l’abattage nous payons 1.500 FCFA par bœuf aux apprentis bouchers».

A la suite M.Zoungrana, plusieurs responsables de la confédération et des bouchers ont pris la parole pour mettre en exergue l’imbrication qu’il y a dans la chaine de la filière bétail-viande. «La chaîne de travail se fait à 80% à crédit. L’éleveur met à la disposition de l’acheteur ses bœufs à crédit, ce dernier les livre au boucher à crédit qui lui à son tour vend cash la viande aux consommateurs et procède ensuite au remboursement. C’est pourquoi la grève impacte toute la chaine de valeur», a expliqué, Kotia Kacou, Secrétaire général du Collectif de syndicats des bouchers de Côte d’Ivoire. En tout état de cause, à l’unanimité, les bouchers ont demandé au président de la Confédération de la filière bétail-viande de discuter avec les autorités en vue d’une solution négociée et consensuelle.

Reprenant la parole, Issaka Sawadogo a salué l’initiative des bouchers. «Le ministre Adjoumani Kobénan et le gouverneur du district Beugré Mambé sont des hommes de dialogue. Je les connais. Je pense qu’ils n’ont pas été bien informés. Des manipulateurs ont pu leurs raconter des contrevérités. S’il y a un ministre qui a le plus aidé la filière bétail viande c’est bien le ministre Adjoumani. Puisque vous me demander d’aller discuter pour vous. Je prendrai attache avec lui et le gouvernement afin que nous trouvions une solution à la situation qui prévaut», a promis Issaka Sawadogo.

Notons que depuis dix jours que dure la grève des bouchers, la viande se raréfie sur le marché et le coût du kg est passé de 2.200 FCFA par endroit à 2.500 voire 2.800 FCFA.

Dalima Dahoué