Dans la soirée du 28 juillet dernier, le président du Faso rencontrait la communauté burkinabé en marge du 5é sommet du Traité d’Amitié et de coopération ivoiro-burkinabè. C’était à la fondation Félix Houphouët Boigny. Un mois après cette rencontre, 1er du genre entre Roch Kaboré et ses compatriotes de Côte d’Ivoire, Informateur.info revient sur les doléances de ces derniers. Discours. 

Excellence Monsieur le Président du Faso

J’ai l’insigne honneur de prendre la parole en ma qualité de porte parole de la Communauté Burkinabé de la Juridiction Consulaire d’Abidjan, représentée ici dans toute sa diversité pour vous souhaiter, ainsi qu’à l’importante délégation qui vous accompagne, la cordiale bienvenue en Terre Ivoirienne.

AKWABA

 Excellence Monsieur le Président du Faso,

Permettez-moi tout d’abord de vous dire merci d’avoir accepté de consacrer une partie de votre précieux temps à notre communauté, non seulement pour lui donner les nouvelles fraiches de la mère patrie, mais aussi recueillir ses préoccupations. En cette heureuse circonstance, la communauté burkinabè de la juridiction Consulaire d’Abidjan me charge de vous traduire sa fierté et ses félicitations pour votre brillante élection à la magistrature suprême de notre pays.

Il est vrai Monsieur  le Président du Faso, que grâce à la magie de la  technologie et  de la communication, la communauté Burkinabè d’Abidjan suit avec attention tout ce qui se passe au pays, notamment  les multiples efforts que votre gouvernement déploie   pour mettre  notre  pays sur  le chemin  du développement. Votre présence ici à Yamoussoukro est l’illustration de cette volonté de relancer le traité d’amitié et de coopération entre nos deux pays et renforcer davantage les liens séculaires entre  nos deux peuples.

Nous saluons à ce titre les nouvelles mesures judiciaires et le réchauffement des relations diplomatiques qui ont contribués à l’apaisement des tensions entre les deux pays frères suite aux douloureux épisodes du putsch de septembre 2015.  Ce geste salué par l’ensemble de vos concitoyens en Côte d’Ivoire, est aussi perçu comme le signe de la volonté du vaillant peuple du Burkina Faso, de tourner la page sombre de notre pays et de s’engager résolument dans le processus de réconciliation nationale.

Nous n’oublions pas de  remercier  également le  gouvernement Burkinabè dans sa volonté  de poursuivre les travaux de  construction de la Maison du Burkina Faso à Abidjan qui est à un stade très avancé.

Monsieur le Président du Faso,

Je ne saurais terminer mes propos, sans vous soumettre quelques  unes de nos nombreuses doléances  dont les plus préoccupantes demeurent :

  • L’effectivité du vote des burkinabè de l’extérieur en 2020 pour le quel nous souhaitons ardemment que des mesures idoines soient prises le plutôt possible ; ce qui représentera une réhabilitation de cette Diaspora longtemps marginalisée par les régimes successifs
  • Seulement pour ce qui concerne notre communauté, elle a conscience que cette préoccupation est profondément tributaire d’une bonne organisation  dans notre pays d’accueil, d’où la nécessité et l’utilité du démarrage des recensements et la délivrance à nos compatriotes des cartes d’électeur  sur toute l’étendue du territoire Ivoirien.
  • Il est vrai que nos missions Diplomatique et Consulaire déploient d’énormes efforts pour la délivrance des pièces d’identités consulaires dites biométrique et autres actes consulaires, mais nous sollicitons  une harmonisation  du coût de ses différents actes consulaires  au même prix que  celle en application au Burkina Faso notamment  sur la Carte d’Identité Consulaire Burkinabè. Le Coût de sept mille francs (7000)  frs reste   très élevé tout comme les autres actes administratifs délivrés par nos chancelleries.
  • Cependant, nous remercions très sincèrement le Président du Faso, d’avoir instruit M. le Ministre des affaires Etrangères et des Burkinabè de l’extérieur M. Alpha Barry, à l’effet d’engager des démarches appropriées auprès des autorités Ivoirienne ainsi que de l’opérateur en charge de la confection des cartes consulaires Biométriques  pour l’acceptation et l’amélioration de la qualité desdits cartes.

Il est à noter aussi, que beaucoup de nos  compatriotes sont encore demandeurs d’extrait de naissance ou de jugement supplétif.

  • Pour remédier a cette situation, nous suggérons l’envoi d’une mission consulaire en vue d’organiser des audiences foraines pour la délivrance des actes d’état civil et procéder ainsi à l’identification de tous les    Burkinabè en Côte d’Ivoire.
  • Il est aussi jugé comme un impératif, la création de nouveaux consulats généraux et ou honoraires afin de rapprocher l’administration des administrés.
  • Je ne saurai passer sous silence bien d’autres préoccupations au nombre desquelles :
  • Au regard des nouvelles mesures imposées par les autorités Saoudiennes, il est fait obligation aux candidats africains au HADJ de se procurer le visa à partir de leur pays d’origine.
  • Par conséquent, nous souhaitons l’implication de notre gouvernement afin que des solutions idoines soient trouvées, permettant aux burkinabè de Côte d’Ivoire de pouvoir effectuer le voyage à partir de leur pays de résidence après l’obtention du visa au Burkina Faso.
  • La création et la mise à disposition d’un fond de soutien aux femmes et aux jeunes de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire dont le dynamisme dans l’entrepreneuriat est devenu un modèle dans la sous région.
  • Le règlement effectif et définitif de l’épineuse question de nos compatriotes clandestins installés dans la forêt classée du Mont Péko, ainsi que la question du foncier rural devenue une préoccupation majeur.
  • La question de retrait des diplômes de nos jeunes frères élèves et étudiants rentrés au pays pour y poursuivre leurs études supérieurs demeure un véritable parcours du combattant.
  • Excellence Monsieur le Président du Faso,

Travailler à rétablir la confiance entre les fils et les filles de notre pays.  Faciliter le retour des exilés suite à l’insurrection populaire, sera gage d’une véritable amorce de réconciliation nationale.

  • Enfin, nous souhaitons que soit pris en compte les nominations dans nos ambassades et consulats, les cadres Burkinabè exerçant en Côte d’Ivoire.

Excellence Monsieur le Président du Faso,

J’aurai failli à mon devoir, si je ne vous demandai pas d’être notre porte parole auprès du Président Ivoirien  Alassane Ouattara  pour lui traduire notre reconnaissance   pour ses actions de paix en Côte d’Ivoire, et sa disponibilité à vos côtés pour la relance du traité d’amitié et de coopération entre nos deux pays.

QUE DIEU LE TOUT PUISSANT VOUS ACCORDE LA SANTE, LA SAGESSE, LE COURAGE NECESSAIRE ET VOUS ASSISTE DANS VOTRE NOBLE MISSION AFIN DE CONDUIRE LE BURKINA FASO SUR LE CHEMIN DU DEVELOPPEMENT ET GARENTIR  L’EPANOUISSEMENT ET LE BONHEUR DE TOUS LES BURKINABE.

Vive la Côte d’Ivoire ;

Vive le Burkina Faso ;

Vive le traité d’amitié et de coopération entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, 

Je vous remercie.

Issaka KINDO (Porte-Parole)