Zabré Massemadou, le «Talleyrand» burkinabè

Zabré Massemadou, le «Talleyrand» burkinabè

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Massemadou Zabré

Né à 1973 à Cocody- Blaukhauss, Zabré Massemadou est un pur produit de la Diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. C’est un professionnel du bâtiment qui a fait ses armes très tôt auprès d’aînés qui ont accepté de le «chaperonner». Il a donc commencé par les graviers, les briques, le ciment et le sable et il est aujourd’hui suffisamment outillé pour voler de ses propres ailes et se prendre en charge, comme un grand ! Voilà résumée, à grands traits, sa vie professionnelle. A l’inverse, son militantisme politique lui aura permis de connaître » plusieurs vies ». Il tombe très tôt dans le «bouillon» politique et ne va plus en sortir. Aussi, au temps de la révolution sankariste est-il déjà au fait des réalités politiques de son pays. Très tôt, il est pionnier et après la disparition de Thomas Sankara, en 1987, lorsque son successeur Blaise Compaoré prend le pouvoir, Zabré Massemadou fait partie de la jeune garde de l’ODPMP/MT que le nouvel homme fort du Pays des Hommes Intègres met en place. Ce mouvement se muera en parti politique et prendra le nom de Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). En 1994, il revient en Côte d’Ivoire. Il s’affilie alors au parti de Me Bénéwendé Sankara, Unir/Ps dont il sera le Secrétaire général Adjoint. Mais, il finit par prendre  ses distances avec ce parti d’obédience sankariste  suite à une «rupture idéologique». En effet, il apprécie modérément d’être «ignoré» au moment de la promotion du No3 de l’UNIR/PS  en Côte d’Ivoire, alors qu’il en était le No2. Il atterrit alors, avec armes et bagages au CDP, l’ancien parti au pouvoir. Là encore, il est coopté pour faire partie de l’équipe dirigeante de la jeunesse de ce parti, mais à un niveau communal. Toute chose qu’il voudrait voir changée puisqu’il estime qu’après avoir occupé des fonctions au plan national, il ne pouvait être «rétrogradé» à un rang communal. L’on lui promet de remédier à la situation. Zabré  Massemadou prend donc son mal en patience en espérant que les choses vont bouger dans le sens souhaité. Las ! Rien ne change un an après sa requête. Il tire donc les conséquences de ce «refus poli» et se met en réserve du parti. Il s’impose une «trêve sabbatique». C’était en 2013. Mais, une année plus tard, les lignes bougent au Burkina Faso. Un groupe d’anciens «éléphants» du CDP dont Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré,  rompt les amarres avec le régime qu’ils ont servi pendant plusieurs décennies,  et crée le MPP. Il est contacté par Désiré Yaméogo, l’un des premiers militants de ce nouveau parti en Eburnie, qui lui demande de faire partie de cette nouvelle aventure. N’y voyant pas d’inconvénients puisque n’étant plus lié à aucun parti de l’échiquier politique de son pays d’origine, Zabré accepte l’offre. C’est ainsi qu’il devient le président de la jeunesse du MPP en Côte d’Ivoire. Il a été désigné, en novembre 2016,  à ce poste par M. Sankara  Inoussa, Secrétaire général du MPP en Côte d’Ivoire. Il est marié (légalement, tient-il à préciser) depuis 2007 et est père de 3 enfants (des garçons).

René Ambroise Tiétié

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