Les jeunes Akouè ont fait une mise en garde à tous les prédateurs et troubleurs de l’ordre dans la gestion de la chefferie traditionnelle Akouè. Ils demandent au président Henri Konan Bédié dont le soutien a été nommément mentionné dans l’intronisation d’un certain Nanan Houphouët II le 17 mars prochain à la place Jean-Paul II, de prendre toutes les dispositions utiles afin que, si tel était le cas, il se retire. Il n’a pas compétence dans la gestion du trône des Boigny.

La jeunesse Akouè s’est dite suffisamment écœurée par le comportement de certains cadres et politiciens issus du groupe Akouè dans la gestion des affaires coutumières. Notamment, leur prise de position maladroite, ne répondant ni à la tradition du peuple « Akan, » encore moins à celle du groupe Akouè dont  est issu le premier président  ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, ancien chef du Canton Akouè.

A cet effet, ces jeunes,  tous unis au sein d’une association de défense des biens ancestraux et attachés à leur tradition, ont dénoncé et condamné avec la dernière énergie, l’attitude de certains de leurs aînés. Face au soutien du président Henri Konan Bédié dont il est question dans l’intronisation d’un certain nanan Houphouët-Boigny II, le 17 mars prochain à la place Jean-Paul II, le président de ladite association, Konan Kouakou Martin a, au nom de ses camarades,  annoncé à la presse, que ce dernier n’est pas de la lignée de la chefferie traditionnelle Akouè. Le nommé Nanan Houphouet , selon lui, se réclamant fils de Félix Houphouët-Boigny 25 ans après le décès de celui-ci, n’est  ni de loin, ni de près, de cette famille, pour prétendre à une intronisation à la tête du village N’Gokro, village natal d’Houphouët devenu aujourd’hui, Yamoussoukro. Même si, dit-il, tel était le cas, en pays Akan en général, Baoulé Akouè en particulier, on ne devient pas chef par le père. On naît chef par la femme ou par lignée matrilinéaire. Poursuivant, le président des jeunes Akouè a indiqué que dans le courrier d’invitation, le prétendu fils d’Houphouët, a nommément remercié le président Henri Konan Bédié, pour son soutien à cette intronisation prévue le 17 mars prochain. A l’en croire, la jeunesse Akouè reste et demeure reconnaissante au président Henri Konan Bédié pour les nombreux services rendus à cette famille. Mais, elle lui demande, bien qu’il soit Baoulé et connaissant les règles coutumières qui régissent leur tradition, de se retirer car il n’a pas compétence pour imposer un chef ou un nanan au peuple Akouè. Et dénonce, par conséquent, avec véhémence, si tel était le cas, son ingérence dans les affaires traditionnelles Akouè et sa prise de position politique non cohérente dans la situation sociopolitique du moment. Cette même jeunesse persiste et signe, et appelle  toutes les délégations et peuples alliés invités à cette soi-disant cérémonie, à s’abstenir. Car cette  invitation n’émane pas du chef du Canton Akouè, dûment reconnu de tous, et investi du pouvoir selon la coutume Akouè. Ils réitèrent et soutiennent Nanan Boigny N’Dri III, le vrai héritier du trône des Boigny selon leur tradition. La jeunesse Akouè, enfin appelle toutes les forces vives de Yamoussoukro, tous les villages du Canton Akouè, à l’unisson autour de Nanan Boigny N’Dri III, reconnu par l’administration ivoirienne, après décision des ayant-droits au trône Akouè. A les en croire, en pays Akan tout comme chez eux les Akouè, un vrai chef détenteur du trône n’est jamais intronisé à la place publique. L’intronisation se fait à huis clos, conformément à la tradition. Pour finir, les jeunes Akouè disent se tenir prêts, pour mettre fin à ce désordre dans leur famille.

Armand Koffi

Correspondant Régional

 

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