Dans l’entretien qu’il a bien voulu accorder à Informateur.info, Somda Frédéric, président de la Fédération  de l’Union Pour le Changement (UPC) section Côte d’Ivoire nous donne un aperçu de l’organisation du parti de Zéphirin Diabré en Côte d’Ivoire et explique les préalables nécessaires à l’effectivité du vote des Burkinabè de l’Etranger auquel il tient.

Informateur.info : A quand remonte la création de la Fédération UPC-Côte d’Ivoire ?

Somda Frédéric : C’est un processus qui a démarré en septembre-octobre 2012. Des Burkinabè de Côte d’Ivoire ont suivi avec un intérêt particulier les conséquences du Forum des citoyens de l’alternance (1er au 3 mai 2009 à Ouagadougou), qui a vu émerger un nom, celui de Zéphirin Diabré. Il venait assurément de se passer quelque chose, grâce à ce forum. Nous  nous sommes dit, «il faut suivre ce monsieur de très près ». Il y a ensuite eu la création de l’UPC.

Dès lors,  nous avons tenu, régulièrement, des rencontres informelles pour confirmer notre choix de soutenir le Président Zéphirin Diabré. Nous sommes allés, à plusieurs reprises à Ouagadougou pour le rencontrer. Le Président Zéphirin Diabré est venu 5 fois à Abidjan pour nourrir la réflexion avec nous. Et en Décembre 2013 il a rencontré les sympathisants de l’UPC du District d’Abidjan, au Novotel. C’est à partir de cette période que le principe de la création de la Fédération UPC Côte va se concrétiser.

  • Comment vous êtes-vous retrouvé à la tête de ce parti en Côte d’Ivoire?

Le choix s’est porté sur ma modeste personne, par la décision n°539-2014/UPC/BPN/SOA, du 6 février 2014, portant nomination du Correspondant de l’UPC pour la République de Côte d’Ivoire. En tant que Correspondant, j’ai la charge de superviser la mise en place des structures et des organes du Parti sur toute l’étendue du territoire de la Côte d’Ivoire.

  • En quoi consiste l’animation du bureau du correspondant de l’UPC Côte d’Ivoire?

L’UPC Côte d’Ivoire est structurée de la base au sommet de la façon suivante. Cela commence par le Comité (sous-quartiers, quartiers), ensuite la Sous-Section (regroupement des sous-quartiers et quartiers de la commune), la Section (par exemple District Autonome d’Abidjan) et enfin la Fédération qui est l’émanation de toutes les Sections.

  • Le président de votre parti, M. Zéphirin Diabré a eu le 10 septembre dernier à Abidjan une rencontre avec votre Fédération dans une salle comble. Cette mobilisation était-elle juste circonstancielle ? Sinon qu’en est-il de votre implantation en Côte d’Ivoire?

Chaque visite du Président Zéphirin Diabré en Côte d’Ivoire fait beaucoup de bien aux militants et sympathisants que nous sommes. Cela revigore notre engagement et notre flamme militante, pour continuer le travail qu’il nous a confié. Nous avons fini le maillage du territoire du District Autonome d’Abidjan. Il nous reste quelques communes où nous devons officiellement investir les Correspondants. Je  dis officiellement, parce que les personnes ressources sont déjà identifiées et le travail de terrain a commencé.

  • L’intérieur du pays est-il pris en compte ?

Bien sûr que l’intérieur de la Côte d’Ivoire est pris en compte ! Nous entamons, progressivement, cette phase. Ce travail d’implantation des structures et des organes du Parti sur toute l’étendue du territoire de la Côte d’Ivoire est très important. Le bureau de la Fédération a le devoir de bien le mener et le conduire à son terme, pour qu’à l’issue de ce parcours la base choisisse celle ou celui qui sera le prochain président de la Fédération UPC Côte d’Ivoire. On ne peut ressasser le terme de l’alternance et puis ne pas se l’appliquer à soi-même. Notre leadership consiste justement à agir en sorte qu’il y ait un turn over au sein de nos instances dirigeantes, afin d’y dégager une masse critique de personnes ressources qui seront capables de relever les défis qui attendent les Burkinabè. Et ces défis sont nombreux ! C’est donc avec un grand bonheur que le Bureau passera le flambeau à la nouvelle équipe que la base aura choisie.

  • Quel rapport entretenez-vous avec les autres sections des partis Burkinabè représentés en Côte d’Ivoire ?

Nous avons d’excellents rapports avec eux. Nous allons très bientôt nous retrouver pour échanger sur des sujets d’intérêts communs.

  • Le droit de vote des Burkinabè de l’Etranger, acquis en 2009 et consacré par la constitution n’a pu être effectif à l’élection présidentielle de 2010, encore moins à celle de 2015. Manque de volonté politique ou mauvaise foi des autorités Burkinabè qui se sont succédé ?

Jusqu’à preuve du contraire, les autorités du Faso n’ont pas affirmé qu’elles remettent en cause ce droit constitutionnel des Burkinabè de l’Etranger. Nous leur faisons confiance, mais ce n’est pas un chèque en blanc. Nous restons vigilants !

  • A trois ans de la prochaine présidentielle, le code électoral fait encore l’objet d’un débat, et les parties ne se sont pas accordées sur les documents devant servir à l’effectivité de ce vote. La perspective que le rendez-vous de 2020 soit encore un raté se profile. Quelle est votre lecture sur la question?

Comme dans un jeu d’échec, chacun pousse ses pions. C’est de bonne guerre. Chacun des acteurs essaie d’articuler les choses en sa faveur. Mais, comme on le dit en Côte d’Ivoire, nous voyons très bien les dos des nageurs !

  • Ne craignez-vous pas qu’à un an de l’échéance les autorités brandissent d’autres priorités comme la lutte contre le terrorisme pour se débiner ?

2020, c’est aujourd’hui. «Premier Gaou n’est pas Gaou». Sur cette problématique très précise, la diaspora, en l’occurrence celle de la Côte d’Ivoire attend le gouvernement et tout l’écosystème du personnel politique Burkinabè de pied ferme. Nous avons très mal vécu la décision de la non-participation de la diaspora Burkinabè aux élections présidentielles de novembre 2015.

Lorsque cette question est soulevée, nous voyons très bien que les autorités ne sont pas d’un enthousiasme débordant, quant à notre participation à ces joutes électorales ! Je souhaite vraiment me tromper… C’est pourquoi nous sommes très méfiants, parce que nous ne savons pas, cette fois-ci, ce qu’ils vont nous sortir de leur chapeau.

Notre posture de méfiance et de vigilance est d’autant plus fondée que pour que la problématique du vote des Burkinabè de l’Etranger soit sérieusement adressée, il y a plusieurs éléments à prendre en compte :

– Il y a l’enrôlement. C’est maintenant que cela doit commencer et non en 2019.

– Ensuite la mise à jour du fichier électoral.

– Enfin, l’audit du fichier électoral. Oui, il faut auditer ce fichier, pour que le climat autour des différents scrutins soit empreint de sérénité.

Si cette dynamique n’est pas enclenchée dès 2017, il ne faut pas rêver… Les autorités de notre pays viendront nous servir la même rengaine qu’en 2015. Nous avons été témoins de la façon dont la transition a fait le lit du MPP, en complicité avec les OSC. Lorsque nous avions, à l’époque, manifesté notre inquiétude, nos contradicteurs nous ont rétorqué que c’était un procès d’intention. Ces derniers temps, les amis d’hier se sont crêpé les chignons et ils ont même lavé le linge sale familial sur la place publique. Les lamentations et menaces de ces OSC nous ont vraiment amusés. Qu’ils gèrent leurs problèmes entre eux.

  • Si ce cas de figure se présentait quelle pourrait être votre réaction ?

Alors il sera clairement établi que nos autorités nous considèrent comme des sous-citoyens ! Avaler la pilule amère, une fois c’était difficile et frustrant, mais nous avons «accepté». Se faire rouler dans la farine une seconde fois, aaaah !!!! Nous disons attention, attention à se croire grand stratège. A vouloir être plus malin que le singe, on peut être surpris par le plus faible qui, du fait de sa condition, développe une résilience que le plus fort est loin d’imaginer. Blaise Compaoré qui se croyait homme fort et grand stratège l’a appris, trop tard, à ses dépens. L’intelligence politique, c’est la saine appréciation des réalités du moment. Nous aviserons donc en conséquence.

  • Un mot sur la crise née de la création d’un deuxième groupe parlementaire au sein de l’UPC au Burkina Faso?

Nous avons dans une déclaration, produite le 10 octobre dernier, exprimé notre solidarité à la direction du Parti. Les députés qui ont succombé aux chants des sirènes du MPP feraient mieux de saisir la main tendue de la direction avant qu’il ne soit trop tard. Mais je puis vous assurer qu’il en faut plus pour déstabiliser l’UPC qui demeure un parti fort parce que animé par des hommes de conviction.

Propos recueillis par Jean François Fall

 

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