En claquant la porte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1984, le Maroc entendait protester contre la reconnaissance de la République arabe saharaoui  démocratique (RASD), par «l’ancêtre» de l’Union africaine (UA).

33 ans après être sorti de l’UA, le Maroc a signé, ce 30 janvier 2017, son retour au sein de l’institution panafricaine. Le Royaume chérifien en était parti parce que l’OUA, la devancière de l’UA, avait reconnu la RASD. Il n’en a pas fallu plus pour que Hassan II, le père de Mohamed VI, l’actuel monarque, monte sur ses grands chevaux et claque la porte de l’organisation. Mais, 33 ans après son paternel, M6 décide de retourner au sein de l’UA alors que, ô paradoxe, la RASD est toujours membre de l’organisation. Que s’est-il passé entretemps ? On ne peut comprendre la volte-face du Royaume chérifien si on ne revisite pas le fonctionnement de l’UA depuis le retrait du Maroc jusqu’à son retour. En effet, après le «coup de sang» de Hassan II, la Libye de Mouammar Kadhafi «régnait en maître»  sur l’UA où le truculent Colonel faisait figure de «parrain», puisqu’il en était «le financier», se payant le privilège de payer les «perdiems» de ses pairs lors des sommets de l’union. En ce temps-là, le Maroc était quasiment à la marge et ne pouvait se permettre de remettre en cause la toute-puissance de la Libye et de Kadhafi qui investissait à tour de bras dans de nombreux pays du continent. Toute chose qui assurait à l’auteur du Livre Vert prestige et autorité en Afrique.

  • Le Maroc était quasiment à la marge

Mais, le vent a tourné depuis après la mort du Guide libyen. Du coup, le Maroc qui est devenu, au fil des années, un pays «émergent» ne pouvait pas ne pas saisir l’opportunité de combler «le vide» laissé par la disparition brutale  du «Malik malouk» (le roi des rois). D’autant que le pays de M6 a désormais les moyens de sa politique et peut devenir une «nouvelle  Libye» pour l’UA. Cependant, le surprenant «come back» du Maroc ne semble pas être du goût de tout le monde, notamment, l’Algérie. Mais, il faut voir cette réaction sous le prisme de la guerre de leadership que se livrent les deux pays. Aussi, le retour du Maroc dont la montée en puissance est patente ne pouvait-il que déplaire à l’Algérie qui tentait, tant bien que mal, après «l’éclipse» de la Libye,  de jouer «les gros bras» au sein de l’UA. A l’évidence, le retour du Maroc va contrarier les plans de l’Algérie. Il n’empêche, pour l’UA, le retour de «l’enfant prodigue» est tout «benef» ; puisque l’union récupère l’un de ses membres les plus importants. Et, ce qui est gratifiant, celle-ci n’a pas été amenée à se dédire en revenant sur la reconnaissance de la RASD qui lui avait valu «les foudres» du Royaume chérifien. Lire la suite sur lageneraledepresse.net

 

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