Bouaké, capitale du centre et fief de l’ex-rébellion, a été, dans la nuit du mardi 09 janvier 2017, le théâtre  de vives tensions entre des éléments du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) basé dans la ville et  les militaires du 3ème Bataillon.

Le pire a certes  été  évité, mais cette ‘’altercation’’ qui vient s’ajouter à une  série de ‘’manquements’’ des Forces de défense et de sécurité,  aussi déplorables les uns que les autres, constitue, à l’évidence, le coup de trop. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le dérapage du mardi 09 janvier dernier est intolérable. D’autant qu’il est la manifestation ultime de l’indiscipline et du laisser-aller qui semblent être devenus la marque de fabrique de l’armée ivoirienne encline, depuis  un certain temps, à en faire à sa  tête. Il est temps de siffler la fin de la récréation afin de prévenir d’autres écarts. Car, il n’est pas bon, il n’est pas séant, que, dans une République digne de ce nom, les militaires imposent leurs desiderata aux politiques et donnent le la. C’est pourquoi, le gouvernement serait inspiré d’apporter aux évènements du mardi une réaction à la hauteur de la gravité des actes. Et ce qu’on ne dit pas et qui a, en tout cas, été occulté, peu ou  prou, c’est que le camp du CCDO a été pillé et saccagé par les militaires en furie. Quelle indiscipline ! Et dire que ce sont des militaires qui ont fait ça contre d’autres corps habillés. Même dans le Far West, on sait distinguer l’ami de l’ennemi ! Tout cela  est i-nac-cep-ta-ble ! Surtout qu’il s’agirait, a-t-on appris, d’une ‘’affaire de fesses’’’’ ( encore les femmes) opposant le commandant du CCDO de Bouaké à un militaire du 3ème Bataillon. Tout ça pour ça ! Des sanctions doivent tomber et vite, ne serait-ce que pour faire un exemple.

– Il s’agirait, a-t-on appris, d’une ‘’affaire de fesses’’

On apprend parfois que des militaires ou des gendarmes, ou encore des policiers sont radiés. Mais, ce qu’on sait moins, c’est le motif de leur radiation. Or, là, tout le monde est informé en temps réel des actes délictueux et condamnables des mis en cause. Naturellement, tout le monde attend qu’ils soient sanctionnés comme ils le méritent. A contrario,  personne ne comprendrait que ces ‘’brebis galeuses’’  soient couvertes, in fine, du ‘’blanc manteau’’ de l’impunité dont se nourrit justement de tels manquements.  Dès lors, le gouvernement ne peut  se garder de passer à l’acte : les auteurs de la barbarie du mardi doivent payer pour ce  qu’ils ont fait. L’uniforme se mérite et se respecte. Il est temps que les forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire intègrent cette vérité basique. Pendant trop longtemps, cette force qui a tout d’une armée mexicaine (elle compte trop de ‘’gradés’’), a agi à sa guise, mettant  souvent à mal la tranquillité et la quiétude des populations. Pendant trop longtemps, le régime a laissé faire, donnant parfois le sentiment que c’est le militaire qui commande au politique. Pendant trop longtemps, enfin, les corps habillés se sont comportés comme des ‘’bébés gâtés’’. Tout ça doit prendre fin ! Le politique doit enfin montrer sa vraie place à l’armée qui doit devenir républicaine. Telle est sa vocation.

René Ambroise Tiétié

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