La quarantaine révolue, l’air débonnaire, le physique légèrement enrobé, d’un abord facile, Savadogo Hamed est un Burkinabè fier et travailleur, cette dernière qualité étant une sorte de ‘’substrat’’ pour ses compatriotes reconnus pour leur ardeur au travail.

Né en 1977 à Sinfra, en Côte d’Ivoire, Savadogo Hamed a fréquenté le Collège d’Enseignement général de Sinfra , ‘’ancêtre’’ du Lycée Henri Konan Bédié où il obtient son baccalauréat. Il part alors dans son pays d’origine où il s’inscrit en Fac de Droit. Parallèlement, il suit une formation en transit. En 2000, il est recruté pour assurer la représentation de l’Organisation des transporteurs routiers du Faso, en abrégé OTRAF, au Port de Téma, au Ghana. Il y reste jusqu’en 2003. Il est alors muté au Port Autonome de Lomé où il reste jusqu’en 2006 ; puis, il revient au Burkina Faso où il exerce à Ouaga Inter considéré alors comme un ‘’port sec’’. En 2007, il part au Bénin où il passe un an avant de rentrer au Burkina, suite à des problèmes de personnes. Il prend ses distances avec la structure et est remplacé par quelqu’un d’autre. Mais, il est rappelé par ses supérieurs qui réalisent enfin la ‘’qualité’’ de son apport. Il choisit de revenir travailler pour la société en Côte d’Ivoire où il a ses parents et des ‘’repères’’, pour y être né. En 2008, alors que son pays d’accueil qu’il appelle ‘’son pays bis’’ est en crise et connait quelques tensions, il joue sa partition en accompagnant efficacement les opérateurs économiques burkinabè et nigériens dont les marchandises étaient bloquées aussi bien aux frontières terrestres qu’au Port Autonome d’Abidjan et qui sollicitaient les services de l’OTRAF.
Fort de l’expérience acquise sur le terrain, il décide, à partir de novembre 2017, de mettre en place sa propre structure, Savana Transport International qui fait du conseil et de l’assistance dans le domaine du transport routier et du transit. Il n’assure donc plus régulièrement la représentation de l’OTRAF en Côte d’Ivoire, mais il n’en reste pas moins membre de cette structure. Sa jeune entreprise vient d’ailleurs d’obtenir un important contrat qui porte sur le traitement de 30 conteners par mois.
Dans sa vie, Savadogo Hamed a pour modèle son défunt père à qui il voue un profond respect et une grande admiration à la fois pour sa générosité et sa disponibilité. «On recevait à la cour familiale à Sinfra plus de 70 personnes par jour, des fois plus et on pouvait préparer un sac de riz de 50kg par jour ! La cour était comme un marché. Mon père recevait tout le monde et ne faisait pas de distinction. J’ai décidé humblement de marcher dans ses pas . Aussi, partout où je vais, je suis entouré ; il y a toujours du monde autour de moi», témoigne-t-il. Il avoue cependant se méfier de la politique. «Je ne milite dans aucun parti et aucune formation politique ne peut affirmer que je fais partie de ses militants. Je préfère les associations», poursuit cet homme de conviction qui est aussi le vice-président du Collectif des associations et mouvements de jeunesses burkinabè en Côte d’Ivoire (Camjbci) Chargé des Associations, des stratégies et de l’orientation et le président de la jeunesse du Yatenga.
Savadogo Hamed est marié et père de 2 enfants.

René Ambroise Tiétié

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