« Sa Majesté Naaba Baoogo II, Un médiateur naturel » Le livre-plaidoyer d’Alexandre Lebel

« Sa Majesté Naaba Baoogo II, Un médiateur naturel » Le livre-plaidoyer d’Alexandre Lebel

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1235, Soumangourou Kanté est vaincu. L’épopée en fait même une narration dithyrambique que nous avons tous savourée sous la plume d’un certain Djibril Tamsir Niane, calame en transe aux sons de la kora et de la parole du Djéli Mamadou Kouyaté. Sans se laisser griser par ce triomphe retentissant, en 1236, Soundjata Kéita, Roi du Manding, entérine la Charte baptisée « Kuruka Funga » qui légifère la vie dans le grand empire. Et ce, longtemps avant toutes ces idéologies débouchant sur les Droits de l’Homme en 1789 et 1948, leur corollaire de démocratie et les leviers de celle-ci. En réalité, l’Afrique est riche de valeurs propres à elle. La royauté est l’un des ressorts essentiels de notre société. Au Burkina Faso, ex-Haute Volta, au XIIIème siècle, les Moose aussi avaient érigé une dynastie, leur dynastie autour d’un suzerain. Le temps a fait ses bonds, la modernité aussi. Mais, les fondements du Royaume institué par Oubri, le premier Moogo Naaba, dans la glorieuse lignée de Ouédraogo, le fondateur de cette chefferie inextinguible, demeurent solides comme un roc au pays de Rock Marc Kaboré. Jolie allitération en [k] pour suggérer ou insinuer les crépitements des baïonnettes que le Moogo parvient à faire taire de par sa dextérité, son doigté de fin négociateur. Pas le film de Samuel Lee Jackson et Kevin Spacey. Mais le règlement de conflits sévissant au Faso, le « moogo » (le monde) des Hommes Intègres. Épousant l’ère du temps, caracolant sur le coursier de la séniorité, Naaba Baogo II, l’actuel monarque, le 37ème du genre, fait encore briller l’institution de ses Pères dans son rôle de Conseiller et de Médiateur de l’ombre.
Témoin atypique de ces rôles prépondérants du Roi, le journaliste-écrivain Alexandre Lebel Ilboudo, lauréat de la 15ème édition du Prix « CNN Multichoice African Journalist » à l’Hotel Serena de Kampala le 29 mai 2010, fait une incursion d’historien de son temps à la Cour pour scander un plaidoyer. L’histoire étant un témoignage, il consigne ici des faits et gestes de l’Autorité qui fait presque l’unanimité au Burkina. Et cela donne un ouvrage au titre très net: « Sa Majesté Naaba Baoogo II, Un médiateur naturel ». Après cette mise en bouche, bientôt notre analyse.

Par Soilé Cheick Amidou

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