Ce dimanche 24 décembre 2017, l’ancien président malien Amadou Toumani Touré dit ATT a regagné, à l’instigation de l’actuel chef de l’exécutif Ibrahim Boubakar Kéita IBK , son pays après 5ans d’exil à Dakar, au Sénégal, où il avait trouvé refuge après le coup de force du capitaine Amadou Haya Sanogo.
Assurément, le Mali a véritablement amorcé son processus de réconciliation qui était plombé, peu ou prou, par l’exil de l’ancien président ATT renversé par le capitaine Amadou Sanogo . Celui-ci avait, en effet, mis un terme brutal au second mandat du tombeur de l’ancien dictateur Moussa Traoé. Les putschistes reprochaient à ATT son incapacité à faire face aux Touaregs et aux djihadistes qui s’étaient emparés du Nord du Mali et y dictaient leur loi, consacrant de facto l’annexion d’une partie du territoire. C’est ainsi que dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, les mutins ont contraint le président ATT à quitter le pouvoir et à prendre, dans la foulée, la route de l’exil, à Dakar, au Sénégal, où son épouse, ses enfants et certains de ses proches ont trouvé refuge. Une ‘’fuite’’ qui a permis à celui que ses partisans considèrent comme le promoteur de la démocratie malienne d’échapper au procès pour haute trahison que s’apprêtaient à lui intenter le capitaine Sanogo et ses compagnons. L’actuel président du Mali Ibrahim Boubakar Kéita IBK vient d’effacer cette houleuse parenthèse de l’histoire de son pays en rendant possible le retour de son prédécesseur.
Comment ne pas établir un parallèle avec le Burkina Faso voisin où un autre ancien président Blaise Compaoré a quitté le pouvoir dans des conditions ‘’troubles’’ pour prendre, lui aussi, la route de l’exil. Et ce, depuis le 30 octobre 2014, suite à une insurrection populaire née de son obstination à modifier la constitution. Il est vrai que le parcours de IBK a peu de similitudes avec celui de Roch Marc Christian Kaboré, le successeur du ‘’beau Blaise’’, mais, toute choses étant par ailleurs égales, ce qui vient de se passer au Mali ne pourrait-il pas inspirer le président du Faso. L’enjeu dans les deux pays étant le même : dynamiser le processus de réconciliation qui pâti, ici et là-bas, de la même situation, à savoir l’exil d’anciens Chefs d’Etat. Mais, le Mali vient de mettre un terme à l’exil de ATT. Quid du Burkina ? Pourquoi Blaise Compaoré ne rentrerait-il pas dans son pays? Qu’est-ce qui empêcherait ce retour, d’autant que les poursuites judiciaires qui le menaçaient ont toutes été abandonnées? Des préoccupations qui interpellent fortement l’homme fort de Ouaga et questionnent la volonté de réconciliation et de paix du pouvoir MPP.

René Ambroise Tiétié

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