Remous sociaux tous azimuts : Fin de ‘’l’état de grâce’’ pour...

Remous sociaux tous azimuts : Fin de ‘’l’état de grâce’’ pour Ouattara

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Le président Alassane Ouattara

Arrivé au pouvoir de la manière que l’on sait, le président Alassane Ouattara, n’en a pas moins fait des ‘’merveilles’’ en engageant la reconstruction de la Côte d’Ivoire, déstructurée et défigurée par la politique aventureuse et erratique de son prédécesseur, Laurent Gbagbo. Aussi, a-t-il construit des ponts, des routes, des autoroutes, des échangeurs ;  érigé des collèges, des lycées, des universités, des hôpitaux, des dispensaires, des maternités, des édifices publics, etc, etc. En tout état de cause, il a doté le pays de structures et d’infrastructures à l’effet d’implémenter l’émergence promise à ses compatriotes. Emerveillés par tant de détermination, de volonté et d’engagement, les Ivoiriens étaient tous sous le charme de celui que son aîné, le doyen Henri Konan Bédié,  n’a pas hésité à qualifier de «bâtisseur des temps modernes». C’est ainsi qu’une « trêve sociale » tacite lui a été accordée pendant son premier mandat par les travailleurs qui appréciaient que l’ancien DGA du FMI ait fait de la ‘’réhabilitation’’ de la Côte d’Ivoire la fin dernière de sa première mandature. Et pour cause. Le pays revenait de loin. Puisque l’ancien président qui refusait de quitter le pouvoir de manière pacifique a laissé un pays en ruines et une économie exsangue. Il fallait véritablement s’appeler Alassane Ouattara pour s’attaquer à un défi aussi « immense » que la reconstruction de la Côte d’Ivoire.

  • Laurent Gbagbo a laissé un pays en ruines et une économie exsangue

C’était une tâche herculéenne qui commandait du nouveau président abnégation, don de soi, entregent, volonté, détermination, engagement, et d’autres qualités de la même eau. Alassane Ouattara a démontré qu’il était l’homme de la situation, «the right man», auraient dit les Anglais. Toujours entre deux avions, ce qui lui a valu le surnom de «Magellan», il était par monts et par vaux, à la recherche de financements mais aussi de partenaires pour réaliser son ambition de développer son pays. Il n’a ménagé aucun effort à cet effet. Ruinant sa santé, il s’est énormément dépensé. Mais le résultat est à la hauteur des sacrifices ; puisque la Côte d’Ivoire naguère considérée  comme un pays à risques voire «infréquentable»,  est désormais une destination courue, aussi bien pour les touristes que pour les investisseurs. Le «pays de Cocagne» que chantaient jadis les artistes et que magnifiaient les poètes est de retour ! Colloques internationaux, festivals de tous genres pour tous genres, symposiums, tables-rondes, conférences internationales;  bref, la liste des manifestations,  mondaines ou studieuses,  est aussi longue qu’un fleuve au long cours. Toute chose qui démontre le retour «triomphal» du pays dans le concert des Nations dont il avait été «banni», peu ou prou, sous Laurent Gbagbo qui en avait fait un Etat-repoussoir. Mais ce qui était valable sous le premier mandat ne l’est pas forcément  sous le second. Ainsi, si de manière implicite, les Ivoiriens ont accepté d’accorder une sorte «d’état de grâce» au successeur de Laurent Gbagbo vu l’ampleur des «dégâts» et les priorités auxquelles il était confronté dès sa prise de fonction, il est douteux que ceux-ci soient dans la même disposition d’esprit en 2017. Il urge, subséquemment, que le Chef de l’Etat songe à s’attaquer au volet social pour soulager ses compatriotes qui n’en peuvent plus d’attendre… les solutions promises par le candidat du RHDP. C’est tout  le sens des remous sociaux auxquels l’on assiste ces derniers temps et qui peuvent cacher, c’est de bonne guerre, un « agenda politique», comme le dénoncent les partisans du régime. «ADO, c’est la solution !», c’était l’un des slogans de campagne du mentor des Républicains. Visiblement, les Ivoiriens ont décidé de le prendre au mot : ils veulent des solutions ( en urgence)  à leurs problèmes. Et ce n’est rien de le dire…

René Ambroise Tiétié

 

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