Le samedi 17 décembre 2016, nous prenons la route d’Agboville, à environ 1heure de  route d’Abidjan, à la rencontre de Pierre Ouédraogo, d’origine burkinabé, personnage incontournable de ce département. La Générale de Presse dresse le portrait de cet «incorruptible» qui a gardé toute sa fraîcheur.

A 68 ans révolus, le verbe haut, la voix assurée, Pierre Ouédraogo est un homme au caractère bien trempé. Il abhorre le mensonge, la fourberie et l’hypocrisie. Arrivé en Côte d’Ivoire en 1958 (il n’avait que 10 ans), il commence à travailler le 1er mars 1967 dans la filière banane, ananas et autres à Aboisso. Son travail le conduit ensuite à Tiassalé, puis à Agboville. Il évolue précisément dans le phytosanitaire aérien et au sol.

Né dans la province du Passoré, dans le Canton du Ramessoum, ce Burkinabé bon teint a réussi son intégration dans la région de l’Agneby-Tiaasa où il cumule les charges de Chef de la communauté burkinabé du département d’Agboville et de Président de l’Union des ressortissants ouest-africains de l’Agneby-Tiassa. Mais pas seulement. Il fut  membre de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) et a été coopté pour être membre de  la Commission Nationale pour la Réconciliation et l’Indemnisation des Victimes (CONARIV) qui est née sur les cendres encore fumantes de la défunte CDVR.

Pierre Ouédraogo est à la retraite et s’occupe désormais de ses plantations. En désaccord avec le président de l’Union des Chefs et notables burkinabè en Côte d’Ivoire( UCNBCI), Naaba Wobgo,  il n’a pas hésité à claquer la porte de cette structure dont il assurait la vice-présidence. «Nos contradictions ont atteint le point de non retour», justifie-t-il la rupture avec son compatriote et ancien collaborateur Naaba Wobgo à qui il reproche des manières et procédés peu orthodoxes. «Il a quitté Abidjan un matin pour venir ici, dans l’Agneby-Tiassa, introniser un chef burkinabé qu’il a installé dans l’illégalité la plus totale. Et croyez-le ou pas, mais à mon insu. Il n’a même pas eu la politesse de m’informer de la cérémonie. Je ne pouvais pas l’accepter. J’ai claqué la porte de l’Union avec fracas. Je ne me voyais pas frayer avec des personnes si peu soucieuses des bonnes manières et de la légalité!», se rappelle-t-il encore bouillonnant de colère. Visiblement, le rappel de cet épisode le met hors de lui. Il a tenu à nous confier cet autre épisode de son riche parcours. C’était en 2012. Il se souvient d’avoir parrainé,  cette année-là, un meeting qui célébrait l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré et son homologue Alassane Ouattara. «On a rendu hommage à Blaise Compaoré en sa qualité de Facilitateur du dialogue inter-ivoirien. Il l’a fait sans calcul et sans en tirer un quelconque dividende personnel. Au contraire d’autres médiateurs qui ont tiré profit de leur intervention dans la crise ivoirienne. Ils se reconnaîtront. Quant au régime Ouattara, nous les Burkinabé  voulons lui traduire notre gratitude. De fait, depuis l’avènement des nouvelles autorités, nous n’avons plus peur de présenter nos papiers aux forces de l’ordre. On nous témoigne désormais du respect. Cela n’a pas de prix», se réjouit ce sexagénaire bon pied, bon œil.«Moi, je n’attends rien de personne. Je dis ce que je pense», assène-t-il. Ces propos dépeignent mieux que tous les discours Pierre Ouédraogo, un homme de principes.

Marié et père de cinq (5) enfants, il tient comme à la prunelle de ses yeux à l’amitié ivoiro-burkinabé. Le vieux Pierre Ouédraogo a été fait Chevalier dans l’Ordre du mérite de la Charité et de la Solidarité.

René Ambroise Tiétié

 

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