Le président de la section ivoirienne du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP), Ouédraogo Adama Joseph est un homme pragmatique qui mène sa barque au gré de ses moyens. Sans tambour, ni trompette mais avec la foi du ‘’zélote’’. Adepte convaincu et convaincant du ‘’droit de l’hommisme’’ dont il connaît le bréviaire sur le bout des doigts, ce juriste (il a une licence en droit) croit dur comme fer que le ‘’salut’’ de l’humanité passe par le respect des droits de l’homme qui reste et demeure pour lui une question centrale.

Arrivé en Côte d’Ivoire en 1999, suite à l’année blanche qui a frappé le système scolaire burkinabè cette année-là, Ouédraogo Adama Joseph qui militait au sein de l’ANEB (Association nationale des étudiants du Burkina) reporte son engagement et son militantisme sur la défense des droits de l’homme. C’est ainsi qu’il adhère à la section ivoirienne du MBDHP (Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples) dont il devient, à la suite de la disparition de l’ancien président Somé, le premier animateur. Un poste qu’il occupe depuis 1999. Mais ce n’est pas une sinécure ; puisqu’il manque de tout. Même d’un siège pour organiser les réunions de son bureau. Il n’empêche, Ouédraogo Joseph n’en continue pas moins de lutter contre l’injustice et de promouvoir les droits de l’homme, autant que faire se peut. Et chaque fois que la communauté burkinabè a eu maille à partir avec des violateurs des droits de l’homme, le MBDHP a élevé sa ‘’petite’’ voix pour dénoncer et condamner. Comme ce fut le cas lors de la longue crise décennale (2000-2010) que connut la Côte d’Ivoire et qui fut une période de ‘’grandes persécutions’’ pour de nombreux burkinabè. ‘’Pendant ces années qui furent pour mes compatriotes des années de plomb, le MBDHP n’est pas resté inactif. On a produit des déclarations pour dénoncer les violations des droits de l’homme dont fut victime la Diaspora burkinabè prise à partie par une partie des Ivoiriens’’, se rappelle le président du mouvement. Dans le même temps, celui-ci se félicite de l’excellence des rapports que sa structure entretient avec les organisations sœurs ivoiriennes tels la LIDHO (la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme) , le MIDH (le Mouvement Ivoirien des Droits de l’Homme), pour ne citer que les plus médiatiques. Il n’a pas manqué de mettre l’accent sur le volet sensibilisation qui est très important, selon lui, parce que, soutient-il, les ‘’étrangers ont aussi des droits qui doivent être respectés. Mais, ils ont surtout des devoirs qu’ils sont tenus d’honorer. Le respect des lois du pays hôte est une condition indépassable de l’intégration des non nationaux dans une nation. Nous devons expliquer tout cela à nos parents qui sont en majorité analphabètes’’, indique Ouédraogo Adama. Quels sont les rapports du mouvement avec l’Ambassade et le Consulat général ? Le président du MBDHP assure qu’ils sont bons et ne souffrent d’aucun nuage. Cet homme de conviction souhaiterait toutefois que les autorités donnent un ‘’coup de main’’ à la structure perçue parfois comme un ‘’appendice’’ de l’opposition.
A 43 ans, l’ancien étudiant en droit de l’Université de Ouaga qui travaille dans le Cabinet du Vice-président de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) n’entend pas baisser les bras et regrette de ne pouvoir aller, faute de moyens, plus souvent à l’intérieur du pays, à la rencontre de la communauté burkinabè vivant en Côté d’Ivoire. Mais, il ne perd pas espoir. Il milite aussi dans l’association des ressortissants du Passoré en Côte d’Ivoire où il est élu commissaire aux comptes.
Ouédraogo Adama Joseph est marié et père de 3 enfants.

Ambroise Réné Tiétié

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